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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 17:55

A Alexandrie, les gens vous arrêtent facilement dans la rue pour savoir d’où vous venez ou juste pour dire « Welcome in Alex », bref on ne se fait pas embêter comme dans le reste de l’Egypte.

En rentrant d’une balade il m’est arrivé un truc très étrange. Une voiture avec deux jeunes égyptiens s’arrête, ils me demandent si je suis française. A cela j’acquiesce. Puis ils me demandent si je suis Charlotte, l’amie de Coline. Et il s’avère que ma copine céramologue du Bangladesh se nomme Coline et que nous avons quelques connaissances communes dans le monde de l’archéologie. Je leur réponds que ca se pourrait. Ils me demandent où est sa maison, je réponds que Ma Coline en question est en Belgique. Bref tout le monde est étonné que je m’appelle bien Charlotte, prénom pas si commun. Nous échangeons alors sur nos professions, ils sont architectes, je leur dit que je travaille dans l’archéologie. Nous ouvrons donc tous les 3 grands les yeux sur ce quiproquo impossible. Conclusion, il y a donc une seconde Charlotte, française, à Alexandrie ! Ils repartent, l’embouteillage se dissout peu à peu, et les kaxons se taisent.

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 19:42

Et voila, je promets sans cesse de parler de mes projets aux Emirats, et finalement je ne parle que des autres, ceux où je ne suis pas à la maison !

 

Cette fois direction l’Egypte, mais avec une variante, la destination sera Alexandrie et non Louxor. Pour la première fois, je participe à la mission Taposiris. Nous logeons dans le centre ville d’Alexandrie, dans l’un des appartements du CEalex (centre d’études alexandrines, dirigé par J-Y Empereur), dans un bel immeuble rappelant la grandeur passée d’Alexandrie. Le site se situe à environ 45 km à l’ouest entre la mer et le lac, sur la route de l’aéroport. La mission travaille sur deux sites : Taposiris Magna et Plinthine. Cette année pour des raisons d’autorisation, le travail de terrain a lieu à Plinthine. J’ai été contactée pour venir sur cette mission afin de restaurer des monnaies et de tenter de développer de la conservation préventive pour le matériel  issu des fouilles et stocké dans des tombes de la nécropole. Si la mission et l’ambiance sont très sympas, il est vrai que le travail est un peu frustrant pour moi. En effet, je ne travaille pas sur le site avec les autres membres de la mission, mais au dépôt où sont conservées les monnaies. Ce dépôt est ouvert de 8h à 14h30… ce qui fait que les journées sont très courtes et ne donnent pas l’impression d’une grande efficacité ! Si à cela on ajoute, la première journée pour obtenir les autorisations de travail, réduite à une heure effective et un jour férié par semaine pour les 2 semaines que dure la mission… le travail n’avance guère mais on ne peut évidement pas obtenir le même rendement entre une mission où l’on travaille 50-60h par semaine et une où l’on a une vingtaine d’heures ! Heureusement les jours de « congés », je peux accompagner le reste de l’équipe sur le site et travailler sur la réorganisation du stockage du mobilier. J’en ai profité pour les aider à déposer un petit four en céramique et par là même me choper un coup de soleil uniquement sur le quart en haut à gauche du visage !

 

Je profite de mes après-midis pour avancer le travail en retard, faire quelques rapports et me promener. La situation à Alexandrie est plutôt calme. Ce qui m’a le plus marqué pour ce premier retour en Egypte après le printemps arabe, est de ne plus avoir à tous les coins de rue un portrait de Mubarak.Les rassemblements sont parait-il interdit ce qui explique le calme et la discrétion de la manifestation que j’ai aperçu pour soutenir un candidat à la présidentielle égyptienne qui devrait avoir lieu fin mai. Une cinquantaine de partisans arboraient des ballons de baudruches violets et certains tenaient du bout des doigts des banderoles à l’effigie de leur candidat. Il n’y avait pas un bruit et personnes ne bougeaient. Des collègues égyptiens m’ont déconseillés d’aller dans certains quartiers ce vendredi matin, car il pourrait y avoir des problèmes m’ont-il dit… Nous avons tout de même profité de notre jour de congé, pour aller nous balader au fort Qaitbay, fort islamique installé sur l’ancien site du phare d’Alexandrie, visiter un site archéologique romain Kom al Dikka où des étudiants-jeunes entrepreneurs essayaient de vendre leurs créations puis nous avons tenté d’aller à la bibliotheca Alexandrina qui était fermée !

Je suis ravie d’être à Alexandrie, dans cette ville méditerranéenne si différente du reste de l’Egypte qui m’avait complètement charmée lorsque nous étions venus avec mes parents et mon frère en 2008.

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 17:11
La mission au Bangladesh se termine et je m’aperçois que je n’ai pas été très prolixe sur le blog. Il est vrai que comme c’est la quatrième mission, je commence à avoir moins de choses à raconter. De plus, la mission a été très calme et très studieuse, nous nous sommes étonnées à plusieurs reprises de cette ambiance. Mais nous l’avons fortement appréciée ! Nous avons fini par récupérer nos éléphants en céramique, ils sont un peu moins beaux que ceux qui décorent le salon de la mission. Ils ont comme qui dirait la gueule un peu tordue, on dirait qu’ils se sont pris un mur, mais ils me plaisent beaucoup ! La grande nouveauté de cette année a été l’aménagement d’un coin salon dans la pièce de vie. Même si ca a été fait quelques jours avant notre départ, nous avons apprécié ce changement qui permet de se retrouver tous ensemble dans une ambiance détendue. Avant de reprendre l’avion, nous avons passé avec ma stagiaire Caroline, une journée et demie à Dhaka, histoire de profiter un peu. Au programme shopping dans nos magasins préférés de commerce équitable, visites chez les antiquaires et dans deux ou trois nouvelles boutiques repérées par Coline, la céramologue, lors de son dernier passage à Dhaka. J’ai été relativement raisonnable, il faut dire que j’avais bien abusé sur les saris à Mahasthan ! Attention, je tiens à rétablir la vérité, c’est pour une commande ! J’ai tout de même acheté une applique de lampe qui provient de bateaux démantelés au Bangladesh. En visitant Old Dhaka, nous avons fait une balade en bateau sur un fleuve d’une puanteur nauséabonde, et dont la couleur et la clarté de l’eau se rapprochaient plus du pétrole que de ce liquide que nous buvons ! Notre « guide » nous a emmené visité sur l’autre rive, les chantiers navals : entretien et réparation de bateaux, construction de nouveaux paquebots et porte-containers, démantèlement de vieux rafiots. Je dois dire que j’ai été très impressionnée par la technique de nettoyage-suppression des vieilles peintures : on tape dessus (sur la peinture et la coque) avec un marteau ! Nous les avons vus souder les tôles de la coque, fondre des hélices, aménager des cabines avec intérieur en bois travaillé, mettre les dernières finitions de peinture… Il semble que le Bangladesh soit un important centre de construction navale et que de nombreux bateaux européens soient construits ici. Cette visite fort bruyante a été vraiment très instructive et nous a transportées dans un autre monde, totalement inconnu. Nous nous sommes ensuite promenées dans la rue des Hindous, nous avons vu quelques temples hindous encore en activité. L’ambiance est complètement différente. Après avoir erré dans old Dhaka en rickshaw à la recherche de monuments qui n’étaient pas fermés le dimanche, nous sommes rentrées à l’hôtel plutôt sans encombres (le matin nous avions mis 3 fois plus de temps et nous avions eu plusieurs accrochages avec d’autres rickshaw ou bus). Notre quartier a beau être loin et être celui des expat’ et des ambassades, il est fort agréable par son calme (relatif !). Me voici donc en route pour Dubai, où nous avons de la visite durant une grande partie du mois de mars ! Je me réjouis de profiter de la famille et des amis.
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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 05:53

 

Me voila à nouveau à Mahasthan au Bangladesh, pour la quatrième mission.  L’ambiance est très sympa et fort studieuse. L’équipe est légèrement différente cette fois ci. Il s’agit d’une mission d’étude afin de préparer le rapport et la publication de la fouille qui a eu lieu ces dix dernières années. Je commence à percevoir le fruit de mon travail de rangement de l’année dernière, car certains chercheurs ont maintenant accès facilement à leurs collections. Ainsi une étude de petits objets en céramique à permis de bien faire avancer les recherches cette année. En effet une nouvelle interprétation de ces objets a permis de dire qu’il n’y avait pas eu un mais probablement deux sièges à Mahasthan.

Je continue de travailler sur le mobilier en fer et plus particulièrement sur les pointes de flèche.  Ces dernières sont particulièrement intéressantes au regard des sièges qu’a pu subir cette ancienne capitale fortifiée. En revanche cette année, la grande nouveauté est la venue pour travailler avec moi d’une stagiaire en restauration. Elle fait la même formation que j’ai faite, il y a maintenant plus de 3 ans.  Le travail avance bien à nous deux, j’espère qu’elle tire des bénéfices de ce stage et qu’elle apprend des choses nouvelles. Ce n’est pas toujours facile de se retrouver dans la position d’encadrante car je n’ai pas toujours les réponses ou il n’est pas toujours facile de formuler quelque chose qui parait évident ou qui est une habitude. C’est excellent pour moi car ça m’oblige à réviser certains trucs et aussi à me remettre en question.

Les deux vendredis, jour de break dans la mission, nous avons été nous balader. Tout d’abord voir d’anciens monastères hindous à proximité de la mission et quelques villages d’artisans (potiers, forgerons…).  Hier nous avons visité un ancien palais colonial - Rajbari- complètement en ruine. Au départ j’étais un peu déçue car un coup d’œil éclair sur internet (avant un long bug) m’avait indiqué qu’il s’agissait d’un palais du IX-XIIème siècle. En réalité il s’agissait bien de ces dates, mais pas de notre ère, mais de l’Hégire ! C’est donc un palais relativement récent que nous avons visité probablement XIX-XXème de notre ère, au vu des poutres IPN en métal et d’un cartouche en anglais ! Ce genre de lieu est assez magique, car la nature reprend ses droits et les habitants du coin viennent squatter ce lieu vide. Nous avons ensuite visité une très belle mosquée du XVIème siècle (de notre ère !) dont le décor sculpté était magnifique et d’une grande finesse. Au retour, nouveau détour par un autre village de potiers pour tenter de trouver des animaux en céramique, et notamment des éléphants ! Comme il n’y en avait plus en stock, nous avons fait la folie de les commander sans les voir… j’espère que ce ne sera pas trop kitsch !

Enfin dernière anecdote du jour : le pot de nescafé vide. Au Bangladesh tout se recycle, mais vraiment tout ! Il y a quelques années la femme de ménage avait récupéré des feuilles de brouillon jetées à la poubelle. Elle les a revendues au marché et ces feuilles ont servis d’emballage pour des beignets de lentilles. Une personne de la mission a exceptionnellement acheté des beignets au marché et le midi une fois tout le monde a table, l’un des membres a dit : tiens on dirait du français sur les papiers et là ils ont découvert qu’il s’agissait d’un brouillon de lettre écrit par un membre de la mission ! Pour en revenir au pot de nescafé, chaque année les gens qui travaillent à la maison –la cuisinière, le gardien et la femme de ménage- se disputent les pots de nescafé vides. Comme l’un était venu se plaindre auprès de moi que l’autre avait eu deux fois de suite un pot vide, j’ai tenté d’apaiser tout le monde en proposant de mettre les pots vides sur une table en évidence avant une redistribution en fin de mission.  Quelques heures plus tard surprises, je me suis faite pourrir et crier dessus par l’un d’eux et j’ai eu le droit à tout l’historique des injustices dans le domaine de la récupération des tortillons de moustiques, des restes de riz et autres bouteilles vides de shampoing, le tout en bangla évidement ! ca en a été trop pour mes petites oreilles, j’ai donc décidé que je ne voulais plus entendre aucune histoire des gens de la maison et surtout je ne veux plus tenter de les résoudre !

La prochaine fois que vous jetterez un pot de nescafé vide ou une bouteille de shampoing pensez donc aux histoires auxquelles vous avez échappé ! A très bientôt pour la suite des aventures !

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 15:57

 

Comme toujours en mission, il y a un tas de petites anecdotes à raconter. La vie à la mission n’était pas toujours facile car c’est une base archéologique qui a été construite il y a 20 ou 30 ans pour l’été et qui est peu entretenue. Outre que c’était cracra, le bricolage tadjik laisse parfois pantois : notre fenêtre ne fermait pas car la poignée butait dans les barreaux. Il suffisait de déplacer la poignée pour que cela ferme, mais ils ont préféré scier les barreaux et refixer la poignée avec un clou (autant dire que ca ne tient pas) au même endroit !


Comme nous n’avons pas l’eau courante, nous devons aller remplir des bidons à une soit disante source dans lesquels nous mettons des comprimés de micropure. Pour l’eau que nous ne buvons pas, une citerne toute rouillée est remplie d’eau qui arrive d’un canal qui passe a proximité des toilettes et dans lequel flotte des bouses de vaches ou de moutons. L’eau  terreuse est pompée et nous attendons quelques jours que cela décante pour pouvoir nous doucher avec ou laver notre linge ! Mais pour avoir accès à l’eau de la citerne, la cuisinière à quatre pattes doit monter sur la citerne tenir la pompe, quelqu’un doit tenir des fils électriques dans une prise qui pend d’un arbre et une troisième personne le tuyau dans le bidon… Le problème d’eau devrait être géré lors de la prochaine mission car nous avons découvert qu’il y a un puits creusé à proximité dans le village, on croise les doigts pour que ca s’arrange.


Quant à la cuisine,nous mangeons tous les jours la même chose : le midi de la soupe avec un mini bout de viande (même s’il y en a plein le frigo !) cuit dans un demi litre d’huile avec quelques légumes (navets, carottes jaunes, pommes de terre, oignons) et des sucres lents (pates, blé ou riz). Le soir plov (riz avec des carottes jaunes, un demi litre d’huile, un peu de viande et si c’est fête du coing !) ou la même recette mais avec des spaghettis… Nous avons demandé à une personne du village de nous faire de gros raviolis à la vapeur –mantous- . La quantité était telle qu’il en restait la moitié. Le lendemain quand nous avons voulu finir les restes, une grande partie avait disparu car le gardien Lodfolla avait mangé 14 mantous à lui seul  (J’en avais mangé 4 en un repas et c’était suffisant) !! Dans la série tout ce qui est à toi est à moi, les premières semaines nous nous sommes aperçus que dès que nous ouvrions une bouteille de vodka, elle disparaissait systématiquement… nous avons donc signalé après la disparition de 4 bouteilles le même soir que nous n’étions pas dupe ! La vodka est vraiment la boisson nationale dans ce pays musulman. Une bouteille coute environ 1 euro (salaire de nos ouvriers 7 euros par jour).  La vodka est souvent pas très bonne, mais après en avoir essayé plusieurs, nous nous avons opté pour la vodka Andropov, du nom d’un ancien président russe (avant Eltsine, je crois, carrière assez courte…). Comme c’est quand même pas terrible, j’ai créé un cocktail dont tout le monde était friand. Je pressais dans sa peau une grenade puis après une incision, je récupérai le jus et on ajoutait une larme de vodka ! C’était ma foi très bon et le jus de grenade frais c’est quand même excellent !! Nous avons tenté de cuisiner nous même purée d’aubergine ou sauce tomate, mais comme cela perturbait la cuisinière,  c’est soit passée à la poubelle pour le premier plat, soit nous n’avons rien eu pour accompagner la sauce…


On dit parfois que les femmes sont invisibles dans certains pays musulmans, il semble qu’au Tadjikistan ce soit le cas, car en montant dans un taxi, celui-ci a démarré avant que je sois montée, et je me suis prise la porte qui était en train de se refermer dans la figure ! Pour poursuivre les histoires de voiture, je vous ai déjà décris rapidement le trajet aller entre Dushanbé et Sarazm. Le retour a été encore plus épique car outre la neige dès la sortie de Pentjikent (soit à 900m d’altitude), nous avons rencontré dans ce fameux tunnel défoncé plusieurs troupeaux de moutons, chèvres ainsi que des ânes soit des milliers de bêtes qui effectuaient leurs transhumances, redescendant de la montagne pour se mettre à l’abri à l’arrivée de l’hiver. Il y avait donc quelques bergers, non éclairés qui tentaient de faire avancer des moutons et de faire la circulation.  Ca été l’occasion de quelques frayeurs mais surtout nous étions tous stupéfaits. Le tunnel fait tout de même 9 km ! L’un de membres de l’équipe s’est porté volontaire pour remettre un âne sur pattes qui s’était effondré sous le poids de son chargement, tout ca au milieu du tunnel dans le noir et dans une flaque d’eau géante !


Enfin la beauté est quelque chose de culturelle… je n’ai pas réussi à m’habituer aux  dents en or devant (le comble du chic !), ni même à apprécier le mono-sourcil (les deux sourcils sont reliés à l’aide de maquillage si ils ne sont pas assez fournis !) chez les femmes !


Cette mission a été très dépaysante, mais j’avoue attendre avec impatience une douche chaude, et de mettre des vêtements vraiment propres qui ne sentent pas le plov ! Je sens que je progresse, je suis beaucoup plus sereine et fataliste face à des situations improbables, mais je continue d’être émerveillée par ce qu’apportent les voyages !

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 15:46

 

La frontière avec l’Ouzbékistan étant fermée depuis quelques temps, nous n’avons pas pu faire d’excursions à Samarcande, mais nous nous sommes baladés dans la région de Pentjikent. Mis à part quelques virées au bazar de Pentjikent pour avoir accès à internet et faire quelques achats, nous avons vu en  cette ville, une cité de plaisirs. A plusieurs reprises nous avons organisé de petites soirées là-bas : sauna et douche chaude en début de soirée car la douche à l’écuelle devenait difficile, puis brochettes car nous n’en pouvions plus du plov (riz avec des carottes jaunes et 2g de viande bouillie pour tout le monde) dans un demi litre d’huile à tous les repas !

Le premier dimanche, nous avons visité le vieux Pentjikent, site sogdien du V-VIIIème siècle, fouillé par les tadjiks et les russes depuis des dizaines d’années. Ce site est fameux pour ses peintures murales sur terre crue qui sont aujourd’hui conservées aux musées de St Petersburg et de Duschanbé. Le plan du site  se distingue assez clairement car une partie des élévations des bâtiments a été conservée.

Le dimanche suivant,  Lodfolla, le gardien du site de Sarazm, nous a emmenés dans la jungle. La jungle tadjik, ne ressemble absolument pas à l’image que j’avais de la jungle. Il s’agit en réalité d’une bande marécageuse, terrasse inondable au bord du Zarafshan. Comme il nous ramenait régulièrement des faisans qu’il avait chassés, nous y allions pour voir des animaux. Résultat aucun faisan ou autre sanglier, seulement un pauvre serpent presque aussi effrayé que nous ! Nous avons l’après-midi été à quelques kilomètres de site, voir un site du nom de Kourgane Tepe. Peu d’investigations ayant été faites sur cette colline (Tepe) plus ou moins remodelée par l’homme, nous avons fait un peu de prospection de surface afin d’avoir grâce à la céramique ramassée, une idée de datation. Il s’agirait d’un site achéménide, peut-être du V-IIIème siècle avant J.C.

Nous avons la fois suivante loué un minibus chic-chic (il est vrai très confortable) et nous sommes partis visiter un fort sogdien à quelques kilomètres de Pentjikent, actuellement fouillé par les Tadjiks. La balade sous la pluie s’est continuée vers un petit mausolée du XIIIème siècle puis après une pause dans une Chaikhana (maison de thé) où nous avons pris un repas traditionnel, nous avons été voir le mausolée du Poète persan Rudaki.

Le dernier dimanche s’est déroulé à Dushanbé. Nous avons pu visiter le musée d’archéologie et le musée d’ethnologie. Comme le dimanche tout est fermé, qu’il pleuvait des cordes et qu’il faisait froid, nous avons passé l’après-midi dans l’appart un peu morne que l’on nous avait prêté.

Le tadjikistan est un pays où le tourisme est peu développé, et les choses à voir semblent moins nombreuses –en tout cas moins mises en valeur- que chez son voisin ouzebek. Le tadjikistan est un pays essentiellement de montagne, avec des magnifiques paysages très préservés. Le Pamir est la région qui est amenée à se développer avec le tourisme sportif.

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 15:41

 

Pour avoir accès à internet, nous nous sommes portées volontaires avec ma collègue Julie pour aller faire les courses à Pentjikent. La connexion internet s’est révélée extrêmement mauvaise (pas d’accès à over-blog !) et nous avons à peine pu consulter nos mails. De plus, nous espérions profiter de cette petite virée, pour récupérer des objets de Sarazm exposés au musée de Pentjikent que nous devons restaurer. Mais le directeur était absent ce jour –là (et les suivants…), nous sommes donc repartis bredouilles. Les objets sont arrivés quelques jours plus tard dans des nappes calés avec du coton, les femmes du musée étant arrivées en auto-stop à Sarazm.

 

Suite à ces déconvenues, l’un des tadjik qui nous accompagnait à Pentjikent, nous a proposé d’aller au musée ethnographique, nous nous sommes empressées d’accepter. Il s’agissait en fait d’un mariage tadjik, et il semble que l’ethnographie c’était plutôt nous, les deux françaises au milieu de ces 300 tadjiks ! Nous avons pris place autour d’une table recouverte de dizaines de mets variés. Nous avons peu gouté à ces victuailles car nous sortions juste de table. En revanche, nous avons été obligées de trinquer à maintes reprises avec nos compagnons de tablée ainsi que le père du marié. On se serait cru dans une mauvaise caricature russe : dès que nos verres étaient vides, ils étaient irrémédiablement re-remplis avec de la vodka ou du cognac, et il fallait re-trinquer et boire les verres cul-sec ! Notre chance a été d’avoir de petits verres car nos amis tadjiks buvaient dans des bols des quantités beaucoup plus importantes. Nous avions choisi le cognac, moins fort en alcool mais qui présentait l’inconvénient d’être beaucoup plus visible dans les verres si nous ne buvions pas cul-sec. Heureusement nous ne sommes pas restés trop longtemps, mais au moment de partir, il a fallu aller prononcer des vœux de bonheur en français devant toute l’assemblée. La mariée semblait s’ennuyer à mourir. Après ces brefs discours, nous avons du danser une pseudo-valse avec nos  compagnons de tablée. Nous n’avons pas été très efficaces pour la suite des courses et nos amis de Sarazm se sont un peu moqués de nous en nous voyant arriver éméchées à 17h ! Depuis, nous évitons les courses au maximum afin de ne pas perdre une journée de travail bêtement.

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 15:36

 

Avec l’automne, le rythme des missions reprend, et le blog est à nouveau alimenté !  Au programme de cet automne, le Tadjikistan. Première mission d’un programme quadriennal à Sarazm, site du quatrième millénaire avant Jésus Christ, classé en 2010 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il s’agit d’un site proto-urbain situé au carrefour de nombreuses civilisations comme en attestent les matériaux ou objets importés de toute l’Asie. Le Tadjikistan comme son nom l’indique se situe dans le bloc des pays en STAN, d’Asie Centrale, à l’est de l’Ouzbékistan, au nord de l’Afghanistan, au sud du Kirghizstan et à l’ouest de la Chine. Sarazm se situe dans la province de Pentjikent, complètement à l’ouest du pays, à 5km de la frontière ouzbek. Il parait que par beau temps, on peut apercevoir les dômes de Samarcande située à 40km. La frontière terrestre est malheureusement fermée entre ces deux pays.

Les français collaborent périodiquement depuis quasiment la découverte du site dans les années 1970 à cette fouille. Nous sommes une équipe de 6-7 français : deux archéologues, un topographe, un géophysicien et deux restauratrices. Une lithicienne (spécialiste des pierres) ainsi qu’un autre archéologue français et un géomorphologue doivent également passer. Tous les membres ont beaucoup voyagé et participé à des nombreuses missions. Le soir au moment du diner, chacun raconte une anecdote de mission en rapport avec la conversation. C’est assez amusant et multiculturel !

Pour cette première campagne, nous devons avec ma collègue Julie  restaurer les objets du site qui sont soit dans le petit musée de site, soit au musée de Pentjikent. La restauration des objets de Sarazm présents au musée national se fera éventuellement lors d’une prochaine mission. Nous avons commencé à travailler pour le moment  sur des céramiques, des perles en terre cuite et en pierre parfois semi-précieuse (turquoise, lapis-lazuli), des os d’animaux. Pour changer (référence à la première mission au Bangladesh), nous attendons notre caisse de matériel depuis presqu’une dizaine de jours. Elle a été localisée à Dushanbé, c'est-à-dire à la capitale, mais les formalités des dédouanements ne semblent avoir été effectuées encore.  Nous ne pouvons donc pas travailler sur les objets en bronze, ni finir un certain nombre de céramiques qui attendent un collage ou un comblement !

Après avoir dormi quelques heures à Dushanbé dans un appartement un peu crapoteux, nous avons pris la route pour Pentjikent : nous avons loué un 4x4 pour faire les six heures de route.  Il s’agit d’une route de montagne qui serpente dans deux vallées. Pour passer d’une vallée à une autre, nous avons dû emprunter un tunnel construit par les iraniens. Le tunnel fuit, il y a des grosses infiltrations d’eau, la route n’a jamais été terminée, il y a donc des nids de poule de 60cm de profondeur au moins sur des dizaines de mètres. Il est donc indispensable de circuler en véhicule tout terrain. A ma grande surprise ce tunnel sans aération ni lumière, dans un état lamentable a été construit en 2009, et non dans les années 1970, comme on aurait pu le croire vu l’état. Nous avons ensuite emprunté une piste dans une vallée très profonde qui au fur et à mesure s’élargie. Le site de Sarazm se situe à l’extrémité de cette vallée sur une terrasse alluviale entre deux chaines de montagnes. La route était magnifique quoiqu’un peu chaotique. Il est difficile d’imaginer que cette piste est l’unique route qui relie Pentjikent à Dushanbé.

Malgré un climat continental, il fait assez froid quand le soleil n’est pas là. Il fait ainsi une petite dizaine de degrés le matin et le soir et s’il y a du soleil, on atteint facilement les 32-35°C en pleine journée. Pour le moment, nous avons eu surtout de la pluie et des vents de poussière-limoneux. Le problème est que nous n’avons pas de pièce à vivre, que nous vivons en permanence dehors. Il est donc assez difficile de se réchauffer malgré le thé. Nous avons l’électricité à la mission, mais pas l’eau courante, j’ai donc essayé la douche à l’eau froide le premier jour, mais lorsqu’il fait 15°C dans « la salle de bain » ou dehors, c’est impossible de se dire que l’on va tenir un mois ainsi en sachant que les températures vont continuer à descendre. Nous avons donc investit dans un thermoplongeur (comme pour mon équipement en Suisse !) et nous nous lavons avec un saut d’eau chaude. La base archéologique est assez spartiate, aucun détail sur les toilettes ou l’odeur des couvertures et des oreillers, mais les gens sont gentils et la cuisinière cuisine bien.

Comme nous sommes vraiment loin de tout, nous n’avons pas internet, nous pouvons nous connecter uniquement à Pentjikent, c'est-à-dire à 20km de la mission. Alors le prochain article se sera surement pour la semaine prochaine et les photos pas avant le mois de novembre, date de mon retour à Dubai. A très bientôt !

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 14:13

Tout a été très vite à mon retour du Bangladesh, comme à chaque de retour de mission. Après 2 jours à l’appart à Dubai pour changer ma valise, Karim m’a accompagné sur ma nouvelle mission. Mleiha se situe dans l’émirat de Sharjah à environ 80km de Dubai, dans le désert. Karim est venu me voir deux ou trois fois, mais il était parti une grande partie de mon séjour, en voyage en Europe pour le boulot. Dommage pour une fois que je travaillais pas loin !

 Mleiha est la base archéologique de Sharjah, l’un des émirats les plus dynamiques au niveau culturel et archéologie. C’est un ensemble de plusieurs maisons et bureaux qui ont été construits, il y a moins de 10 ans pour accueillir les équipes qui travaillent sur le territoire de Sharjah.  Si les fouilles ont débuté à Mleiha dans les années 1970, elles ont connu un véritable essor dans les années 1980 avec l’arrivée des Français. Mleiha est aujourd’hui une réserve archéologique protégée,  seul endroit aux Emirats à bénéficier de ce statut. Plusieurs équipes internationales travaillent dans les environs.  Les vestiges de Mleiha datent du IIIème siècle avant J.C. au IIIème siècle après J.C.. Il s’agit d’une sorte de cité, où les populations  des environs se sont sédentarisées, occupant le site une partie de l’année pour des raisons agricoles. Le bâtiment fouillé lors des campagnes 2010 et 2011, est une résidence fortifiée. L’intérêt de ce site réside dans son abandon qui ouvre quelques pistes sur les raisons de la disparition de cette ville quasi capitale de la péninsule omanaise.  Des traces d’incendie et de pillages ont été mises en évidence. Lors de cet incendie, des objets ont été perdus par les pilleurs dans leur fuite, parmi eux une tête de taureau, une petite bouteille, une anse décorée de vase… objets en bronze que j’ai restauré !

Les objets sur lesquels j’ai travaillé étaient tous en bronze, ils sont très beaux. Le rythme de travail a été soutenu mais pour un résultat satisfaisant ! L’ambiance était très sympa, détendue, avec de la bonne musique.  Comme le directeur et le dessinateur de la mission viennent aux Emirats depuis les années 1980, j’ai pu apprendre beaucoup de choses sur la vie aux Emirats et l’accélération qui a eu lieu dans les années 1990, avec l’explosion de Dubai. Ils m’ont également présenté à plusieurs services ou musées qui travaillent dans la région et qui seraient susceptibles de solliciter les compétences d’une restauratrice. Il est vrai que cette région a beau être l’une des plus riches du monde, certains services archéologiques m’ont répondu qu’ils n’avaient pas de budget et que les seules collaborations étaient avec  les américains car ils travaillent gratuitement… Evidement cela ne facilite pas la concurrence, mais je ne perds pas espoir que les choses bougent d’ici quelques temps.

Depuis la fin de la mission, je rattrape les rapports en retard et je tente de rencontrer les acteurs de la vie archéologique émiratie, avant l’arrivée de mes parents la semaine prochaine. Je me réjouis de leur faire découvrir ce pays qui me surprend positivement de semaines en semaines.  Il est vrai qu’en cherchant un peu, il existe une vie culturelle, de nombreux endroits sont plein de charme et d’authenticités et les choses à visiter sont nombreuses, il n’y a pas que les mall (centre commerciaux) extravagants ! J’ai tout de même hâte de rentrer en France en avril ! 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 14:42

Nous avons visité Rangpur, soit disant la ville de la soie, mais nous n’avons trouvé ni filatures ni simplement d’étoffes en soie. Cependant la journée fut très agréable, car la ville en elle-même semble être un immense  village, qui grouille moins que les autres villes bangladaises que j’ai pu voir. Le musée archéologique est installé dans un ancien palais de marajah de la fin du XIXème siècle qui est très beau. Nous avons vu un temple indou dédié à Kali, dont l’architecture est soit disant inspirée du dôme de Florence en un peu plus kitsch ! Il y avait également une belle université toute blanche, Carmichael college. La balade a été très agréable.

Depuis quelques semaines, les pique-niques dont les bangladais sont très friands se sont multipliés devant la mission, aux pieds des remparts. Nous pouvons donc avoir 20 voir 50 bus qui ont amené chacun une sono et qui passent de la musique à fond en faisant du karaoké.  Les nuits ne sont pas beaucoup plus calmes car nous avons découvert, que le gardien du musée hurle et fait des bruits bizarres toutes les 3 minutes pour rester éveiller… il ne s’agit donc pas de singes nocturnes ou autres oiseaux bizarres ! Le silence est une chose extrêmement rare ! Il faut dire que les pique-niques se sont aussi multipliés car depuis 10 jours le nombre de jours  travaillés est assez faible : le jour du printemps indou, la naissance du prophète Mahomet, la fête nationale language day, et surtout l’ouverture de la coupe du monde de cricket qui a lieu au Bangladesh et également le premier match du Bangladesh ! Les bangladais sont passionnés de ce sport qui dure des heures voir des jours. 14 nations participent, pendant environ deux mois. Mais il semble que les bangladais ne soient pas les meilleurs… La ville de Dhaka a entièrement été redécorée pour l’occasion. De magnifiques panneaux en contreplaqué avec des photos d’oiseaux(notamment des pigeons, pour le coté exotique !) de 2m de haut ornent les jardins et les bords de route. D’autres décorations sont présentes, mais je n’ai pas tout à fait bien compris de quoi il s’agissait… dans tous les cas c’est fort laid avec une touche de kitsch !

Malgré cette animation sportive ou grâce à elle, nous avons pu circuler dans Dhaka et j’ai pu enfin visiter old Dhaka. Cette partie de la ville sinueuse et grouillante de vie accueille tous les artisans et autres petits métiers qui ont disparu chez nous. J’ai pu enfin voir des ateliers qui fabriquaient et peignaient des rickshaw ! La balade a été chouette et ce quartier était moins miséreux et sale que je l’avais imaginé. Nous avons pu également visiter le fort Labagh, ancien palais d’époque moghol.

L’aventure bangladaise est maintenant terminée pour quelques mois, le retour a eu lieu dans d’excellentes conditions : surclassement en classe business sans rien demander, ce qui m’a évité de voyager avec des bangladais hurlant et  gigotant. Après deux jours à la maison, j’attaque une nouvelle mission à Mleiha à 80km de Dubai dès samedi. Je suis contente de travailler pour une fois pas trop loin de chez nous !

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Published by Charlotte REROLLE
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