Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 15:57

 

Comme toujours en mission, il y a un tas de petites anecdotes à raconter. La vie à la mission n’était pas toujours facile car c’est une base archéologique qui a été construite il y a 20 ou 30 ans pour l’été et qui est peu entretenue. Outre que c’était cracra, le bricolage tadjik laisse parfois pantois : notre fenêtre ne fermait pas car la poignée butait dans les barreaux. Il suffisait de déplacer la poignée pour que cela ferme, mais ils ont préféré scier les barreaux et refixer la poignée avec un clou (autant dire que ca ne tient pas) au même endroit !


Comme nous n’avons pas l’eau courante, nous devons aller remplir des bidons à une soit disante source dans lesquels nous mettons des comprimés de micropure. Pour l’eau que nous ne buvons pas, une citerne toute rouillée est remplie d’eau qui arrive d’un canal qui passe a proximité des toilettes et dans lequel flotte des bouses de vaches ou de moutons. L’eau  terreuse est pompée et nous attendons quelques jours que cela décante pour pouvoir nous doucher avec ou laver notre linge ! Mais pour avoir accès à l’eau de la citerne, la cuisinière à quatre pattes doit monter sur la citerne tenir la pompe, quelqu’un doit tenir des fils électriques dans une prise qui pend d’un arbre et une troisième personne le tuyau dans le bidon… Le problème d’eau devrait être géré lors de la prochaine mission car nous avons découvert qu’il y a un puits creusé à proximité dans le village, on croise les doigts pour que ca s’arrange.


Quant à la cuisine,nous mangeons tous les jours la même chose : le midi de la soupe avec un mini bout de viande (même s’il y en a plein le frigo !) cuit dans un demi litre d’huile avec quelques légumes (navets, carottes jaunes, pommes de terre, oignons) et des sucres lents (pates, blé ou riz). Le soir plov (riz avec des carottes jaunes, un demi litre d’huile, un peu de viande et si c’est fête du coing !) ou la même recette mais avec des spaghettis… Nous avons demandé à une personne du village de nous faire de gros raviolis à la vapeur –mantous- . La quantité était telle qu’il en restait la moitié. Le lendemain quand nous avons voulu finir les restes, une grande partie avait disparu car le gardien Lodfolla avait mangé 14 mantous à lui seul  (J’en avais mangé 4 en un repas et c’était suffisant) !! Dans la série tout ce qui est à toi est à moi, les premières semaines nous nous sommes aperçus que dès que nous ouvrions une bouteille de vodka, elle disparaissait systématiquement… nous avons donc signalé après la disparition de 4 bouteilles le même soir que nous n’étions pas dupe ! La vodka est vraiment la boisson nationale dans ce pays musulman. Une bouteille coute environ 1 euro (salaire de nos ouvriers 7 euros par jour).  La vodka est souvent pas très bonne, mais après en avoir essayé plusieurs, nous nous avons opté pour la vodka Andropov, du nom d’un ancien président russe (avant Eltsine, je crois, carrière assez courte…). Comme c’est quand même pas terrible, j’ai créé un cocktail dont tout le monde était friand. Je pressais dans sa peau une grenade puis après une incision, je récupérai le jus et on ajoutait une larme de vodka ! C’était ma foi très bon et le jus de grenade frais c’est quand même excellent !! Nous avons tenté de cuisiner nous même purée d’aubergine ou sauce tomate, mais comme cela perturbait la cuisinière,  c’est soit passée à la poubelle pour le premier plat, soit nous n’avons rien eu pour accompagner la sauce…


On dit parfois que les femmes sont invisibles dans certains pays musulmans, il semble qu’au Tadjikistan ce soit le cas, car en montant dans un taxi, celui-ci a démarré avant que je sois montée, et je me suis prise la porte qui était en train de se refermer dans la figure ! Pour poursuivre les histoires de voiture, je vous ai déjà décris rapidement le trajet aller entre Dushanbé et Sarazm. Le retour a été encore plus épique car outre la neige dès la sortie de Pentjikent (soit à 900m d’altitude), nous avons rencontré dans ce fameux tunnel défoncé plusieurs troupeaux de moutons, chèvres ainsi que des ânes soit des milliers de bêtes qui effectuaient leurs transhumances, redescendant de la montagne pour se mettre à l’abri à l’arrivée de l’hiver. Il y avait donc quelques bergers, non éclairés qui tentaient de faire avancer des moutons et de faire la circulation.  Ca été l’occasion de quelques frayeurs mais surtout nous étions tous stupéfaits. Le tunnel fait tout de même 9 km ! L’un de membres de l’équipe s’est porté volontaire pour remettre un âne sur pattes qui s’était effondré sous le poids de son chargement, tout ca au milieu du tunnel dans le noir et dans une flaque d’eau géante !


Enfin la beauté est quelque chose de culturelle… je n’ai pas réussi à m’habituer aux  dents en or devant (le comble du chic !), ni même à apprécier le mono-sourcil (les deux sourcils sont reliés à l’aide de maquillage si ils ne sont pas assez fournis !) chez les femmes !


Cette mission a été très dépaysante, mais j’avoue attendre avec impatience une douche chaude, et de mettre des vêtements vraiment propres qui ne sentent pas le plov ! Je sens que je progresse, je suis beaucoup plus sereine et fataliste face à des situations improbables, mais je continue d’être émerveillée par ce qu’apportent les voyages !

 

Par Charlotte REROLLE
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 15:46

 

La frontière avec l’Ouzbékistan étant fermée depuis quelques temps, nous n’avons pas pu faire d’excursions à Samarcande, mais nous nous sommes baladés dans la région de Pentjikent. Mis à part quelques virées au bazar de Pentjikent pour avoir accès à internet et faire quelques achats, nous avons vu en  cette ville, une cité de plaisirs. A plusieurs reprises nous avons organisé de petites soirées là-bas : sauna et douche chaude en début de soirée car la douche à l’écuelle devenait difficile, puis brochettes car nous n’en pouvions plus du plov (riz avec des carottes jaunes et 2g de viande bouillie pour tout le monde) dans un demi litre d’huile à tous les repas !

Le premier dimanche, nous avons visité le vieux Pentjikent, site sogdien du V-VIIIème siècle, fouillé par les tadjiks et les russes depuis des dizaines d’années. Ce site est fameux pour ses peintures murales sur terre crue qui sont aujourd’hui conservées aux musées de St Petersburg et de Duschanbé. Le plan du site  se distingue assez clairement car une partie des élévations des bâtiments a été conservée.

Le dimanche suivant,  Lodfolla, le gardien du site de Sarazm, nous a emmenés dans la jungle. La jungle tadjik, ne ressemble absolument pas à l’image que j’avais de la jungle. Il s’agit en réalité d’une bande marécageuse, terrasse inondable au bord du Zarafshan. Comme il nous ramenait régulièrement des faisans qu’il avait chassés, nous y allions pour voir des animaux. Résultat aucun faisan ou autre sanglier, seulement un pauvre serpent presque aussi effrayé que nous ! Nous avons l’après-midi été à quelques kilomètres de site, voir un site du nom de Kourgane Tepe. Peu d’investigations ayant été faites sur cette colline (Tepe) plus ou moins remodelée par l’homme, nous avons fait un peu de prospection de surface afin d’avoir grâce à la céramique ramassée, une idée de datation. Il s’agirait d’un site achéménide, peut-être du V-IIIème siècle avant J.C.

Nous avons la fois suivante loué un minibus chic-chic (il est vrai très confortable) et nous sommes partis visiter un fort sogdien à quelques kilomètres de Pentjikent, actuellement fouillé par les Tadjiks. La balade sous la pluie s’est continuée vers un petit mausolée du XIIIème siècle puis après une pause dans une Chaikhana (maison de thé) où nous avons pris un repas traditionnel, nous avons été voir le mausolée du Poète persan Rudaki.

Le dernier dimanche s’est déroulé à Dushanbé. Nous avons pu visiter le musée d’archéologie et le musée d’ethnologie. Comme le dimanche tout est fermé, qu’il pleuvait des cordes et qu’il faisait froid, nous avons passé l’après-midi dans l’appart un peu morne que l’on nous avait prêté.

Le tadjikistan est un pays où le tourisme est peu développé, et les choses à voir semblent moins nombreuses –en tout cas moins mises en valeur- que chez son voisin ouzebek. Le tadjikistan est un pays essentiellement de montagne, avec des magnifiques paysages très préservés. Le Pamir est la région qui est amenée à se développer avec le tourisme sportif.

 

Par Charlotte REROLLE
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 15:41

 

Pour avoir accès à internet, nous nous sommes portées volontaires avec ma collègue Julie pour aller faire les courses à Pentjikent. La connexion internet s’est révélée extrêmement mauvaise (pas d’accès à over-blog !) et nous avons à peine pu consulter nos mails. De plus, nous espérions profiter de cette petite virée, pour récupérer des objets de Sarazm exposés au musée de Pentjikent que nous devons restaurer. Mais le directeur était absent ce jour –là (et les suivants…), nous sommes donc repartis bredouilles. Les objets sont arrivés quelques jours plus tard dans des nappes calés avec du coton, les femmes du musée étant arrivées en auto-stop à Sarazm.

 

Suite à ces déconvenues, l’un des tadjik qui nous accompagnait à Pentjikent, nous a proposé d’aller au musée ethnographique, nous nous sommes empressées d’accepter. Il s’agissait en fait d’un mariage tadjik, et il semble que l’ethnographie c’était plutôt nous, les deux françaises au milieu de ces 300 tadjiks ! Nous avons pris place autour d’une table recouverte de dizaines de mets variés. Nous avons peu gouté à ces victuailles car nous sortions juste de table. En revanche, nous avons été obligées de trinquer à maintes reprises avec nos compagnons de tablée ainsi que le père du marié. On se serait cru dans une mauvaise caricature russe : dès que nos verres étaient vides, ils étaient irrémédiablement re-remplis avec de la vodka ou du cognac, et il fallait re-trinquer et boire les verres cul-sec ! Notre chance a été d’avoir de petits verres car nos amis tadjiks buvaient dans des bols des quantités beaucoup plus importantes. Nous avions choisi le cognac, moins fort en alcool mais qui présentait l’inconvénient d’être beaucoup plus visible dans les verres si nous ne buvions pas cul-sec. Heureusement nous ne sommes pas restés trop longtemps, mais au moment de partir, il a fallu aller prononcer des vœux de bonheur en français devant toute l’assemblée. La mariée semblait s’ennuyer à mourir. Après ces brefs discours, nous avons du danser une pseudo-valse avec nos  compagnons de tablée. Nous n’avons pas été très efficaces pour la suite des courses et nos amis de Sarazm se sont un peu moqués de nous en nous voyant arriver éméchées à 17h ! Depuis, nous évitons les courses au maximum afin de ne pas perdre une journée de travail bêtement.

 

Par Charlotte REROLLE
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 15:36

 

Avec l’automne, le rythme des missions reprend, et le blog est à nouveau alimenté !  Au programme de cet automne, le Tadjikistan. Première mission d’un programme quadriennal à Sarazm, site du quatrième millénaire avant Jésus Christ, classé en 2010 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il s’agit d’un site proto-urbain situé au carrefour de nombreuses civilisations comme en attestent les matériaux ou objets importés de toute l’Asie. Le Tadjikistan comme son nom l’indique se situe dans le bloc des pays en STAN, d’Asie Centrale, à l’est de l’Ouzbékistan, au nord de l’Afghanistan, au sud du Kirghizstan et à l’ouest de la Chine. Sarazm se situe dans la province de Pentjikent, complètement à l’ouest du pays, à 5km de la frontière ouzbek. Il parait que par beau temps, on peut apercevoir les dômes de Samarcande située à 40km. La frontière terrestre est malheureusement fermée entre ces deux pays.

Les français collaborent périodiquement depuis quasiment la découverte du site dans les années 1970 à cette fouille. Nous sommes une équipe de 6-7 français : deux archéologues, un topographe, un géophysicien et deux restauratrices. Une lithicienne (spécialiste des pierres) ainsi qu’un autre archéologue français et un géomorphologue doivent également passer. Tous les membres ont beaucoup voyagé et participé à des nombreuses missions. Le soir au moment du diner, chacun raconte une anecdote de mission en rapport avec la conversation. C’est assez amusant et multiculturel !

Pour cette première campagne, nous devons avec ma collègue Julie  restaurer les objets du site qui sont soit dans le petit musée de site, soit au musée de Pentjikent. La restauration des objets de Sarazm présents au musée national se fera éventuellement lors d’une prochaine mission. Nous avons commencé à travailler pour le moment  sur des céramiques, des perles en terre cuite et en pierre parfois semi-précieuse (turquoise, lapis-lazuli), des os d’animaux. Pour changer (référence à la première mission au Bangladesh), nous attendons notre caisse de matériel depuis presqu’une dizaine de jours. Elle a été localisée à Dushanbé, c'est-à-dire à la capitale, mais les formalités des dédouanements ne semblent avoir été effectuées encore.  Nous ne pouvons donc pas travailler sur les objets en bronze, ni finir un certain nombre de céramiques qui attendent un collage ou un comblement !

Après avoir dormi quelques heures à Dushanbé dans un appartement un peu crapoteux, nous avons pris la route pour Pentjikent : nous avons loué un 4x4 pour faire les six heures de route.  Il s’agit d’une route de montagne qui serpente dans deux vallées. Pour passer d’une vallée à une autre, nous avons dû emprunter un tunnel construit par les iraniens. Le tunnel fuit, il y a des grosses infiltrations d’eau, la route n’a jamais été terminée, il y a donc des nids de poule de 60cm de profondeur au moins sur des dizaines de mètres. Il est donc indispensable de circuler en véhicule tout terrain. A ma grande surprise ce tunnel sans aération ni lumière, dans un état lamentable a été construit en 2009, et non dans les années 1970, comme on aurait pu le croire vu l’état. Nous avons ensuite emprunté une piste dans une vallée très profonde qui au fur et à mesure s’élargie. Le site de Sarazm se situe à l’extrémité de cette vallée sur une terrasse alluviale entre deux chaines de montagnes. La route était magnifique quoiqu’un peu chaotique. Il est difficile d’imaginer que cette piste est l’unique route qui relie Pentjikent à Dushanbé.

Malgré un climat continental, il fait assez froid quand le soleil n’est pas là. Il fait ainsi une petite dizaine de degrés le matin et le soir et s’il y a du soleil, on atteint facilement les 32-35°C en pleine journée. Pour le moment, nous avons eu surtout de la pluie et des vents de poussière-limoneux. Le problème est que nous n’avons pas de pièce à vivre, que nous vivons en permanence dehors. Il est donc assez difficile de se réchauffer malgré le thé. Nous avons l’électricité à la mission, mais pas l’eau courante, j’ai donc essayé la douche à l’eau froide le premier jour, mais lorsqu’il fait 15°C dans « la salle de bain » ou dehors, c’est impossible de se dire que l’on va tenir un mois ainsi en sachant que les températures vont continuer à descendre. Nous avons donc investit dans un thermoplongeur (comme pour mon équipement en Suisse !) et nous nous lavons avec un saut d’eau chaude. La base archéologique est assez spartiate, aucun détail sur les toilettes ou l’odeur des couvertures et des oreillers, mais les gens sont gentils et la cuisinière cuisine bien.

Comme nous sommes vraiment loin de tout, nous n’avons pas internet, nous pouvons nous connecter uniquement à Pentjikent, c'est-à-dire à 20km de la mission. Alors le prochain article se sera surement pour la semaine prochaine et les photos pas avant le mois de novembre, date de mon retour à Dubai. A très bientôt !

 

Par Charlotte REROLLE
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Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 14:13

Tout a été très vite à mon retour du Bangladesh, comme à chaque de retour de mission. Après 2 jours à l’appart à Dubai pour changer ma valise, Karim m’a accompagné sur ma nouvelle mission. Mleiha se situe dans l’émirat de Sharjah à environ 80km de Dubai, dans le désert. Karim est venu me voir deux ou trois fois, mais il était parti une grande partie de mon séjour, en voyage en Europe pour le boulot. Dommage pour une fois que je travaillais pas loin !

 Mleiha est la base archéologique de Sharjah, l’un des émirats les plus dynamiques au niveau culturel et archéologie. C’est un ensemble de plusieurs maisons et bureaux qui ont été construits, il y a moins de 10 ans pour accueillir les équipes qui travaillent sur le territoire de Sharjah.  Si les fouilles ont débuté à Mleiha dans les années 1970, elles ont connu un véritable essor dans les années 1980 avec l’arrivée des Français. Mleiha est aujourd’hui une réserve archéologique protégée,  seul endroit aux Emirats à bénéficier de ce statut. Plusieurs équipes internationales travaillent dans les environs.  Les vestiges de Mleiha datent du IIIème siècle avant J.C. au IIIème siècle après J.C.. Il s’agit d’une sorte de cité, où les populations  des environs se sont sédentarisées, occupant le site une partie de l’année pour des raisons agricoles. Le bâtiment fouillé lors des campagnes 2010 et 2011, est une résidence fortifiée. L’intérêt de ce site réside dans son abandon qui ouvre quelques pistes sur les raisons de la disparition de cette ville quasi capitale de la péninsule omanaise.  Des traces d’incendie et de pillages ont été mises en évidence. Lors de cet incendie, des objets ont été perdus par les pilleurs dans leur fuite, parmi eux une tête de taureau, une petite bouteille, une anse décorée de vase… objets en bronze que j’ai restauré !

Les objets sur lesquels j’ai travaillé étaient tous en bronze, ils sont très beaux. Le rythme de travail a été soutenu mais pour un résultat satisfaisant ! L’ambiance était très sympa, détendue, avec de la bonne musique.  Comme le directeur et le dessinateur de la mission viennent aux Emirats depuis les années 1980, j’ai pu apprendre beaucoup de choses sur la vie aux Emirats et l’accélération qui a eu lieu dans les années 1990, avec l’explosion de Dubai. Ils m’ont également présenté à plusieurs services ou musées qui travaillent dans la région et qui seraient susceptibles de solliciter les compétences d’une restauratrice. Il est vrai que cette région a beau être l’une des plus riches du monde, certains services archéologiques m’ont répondu qu’ils n’avaient pas de budget et que les seules collaborations étaient avec  les américains car ils travaillent gratuitement… Evidement cela ne facilite pas la concurrence, mais je ne perds pas espoir que les choses bougent d’ici quelques temps.

Depuis la fin de la mission, je rattrape les rapports en retard et je tente de rencontrer les acteurs de la vie archéologique émiratie, avant l’arrivée de mes parents la semaine prochaine. Je me réjouis de leur faire découvrir ce pays qui me surprend positivement de semaines en semaines.  Il est vrai qu’en cherchant un peu, il existe une vie culturelle, de nombreux endroits sont plein de charme et d’authenticités et les choses à visiter sont nombreuses, il n’y a pas que les mall (centre commerciaux) extravagants ! J’ai tout de même hâte de rentrer en France en avril ! 

Par Charlotte REROLLE
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Jeudi 24 février 2011 4 24 /02 /Fév /2011 14:42

Nous avons visité Rangpur, soit disant la ville de la soie, mais nous n’avons trouvé ni filatures ni simplement d’étoffes en soie. Cependant la journée fut très agréable, car la ville en elle-même semble être un immense  village, qui grouille moins que les autres villes bangladaises que j’ai pu voir. Le musée archéologique est installé dans un ancien palais de marajah de la fin du XIXème siècle qui est très beau. Nous avons vu un temple indou dédié à Kali, dont l’architecture est soit disant inspirée du dôme de Florence en un peu plus kitsch ! Il y avait également une belle université toute blanche, Carmichael college. La balade a été très agréable.

Depuis quelques semaines, les pique-niques dont les bangladais sont très friands se sont multipliés devant la mission, aux pieds des remparts. Nous pouvons donc avoir 20 voir 50 bus qui ont amené chacun une sono et qui passent de la musique à fond en faisant du karaoké.  Les nuits ne sont pas beaucoup plus calmes car nous avons découvert, que le gardien du musée hurle et fait des bruits bizarres toutes les 3 minutes pour rester éveiller… il ne s’agit donc pas de singes nocturnes ou autres oiseaux bizarres ! Le silence est une chose extrêmement rare ! Il faut dire que les pique-niques se sont aussi multipliés car depuis 10 jours le nombre de jours  travaillés est assez faible : le jour du printemps indou, la naissance du prophète Mahomet, la fête nationale language day, et surtout l’ouverture de la coupe du monde de cricket qui a lieu au Bangladesh et également le premier match du Bangladesh ! Les bangladais sont passionnés de ce sport qui dure des heures voir des jours. 14 nations participent, pendant environ deux mois. Mais il semble que les bangladais ne soient pas les meilleurs… La ville de Dhaka a entièrement été redécorée pour l’occasion. De magnifiques panneaux en contreplaqué avec des photos d’oiseaux(notamment des pigeons, pour le coté exotique !) de 2m de haut ornent les jardins et les bords de route. D’autres décorations sont présentes, mais je n’ai pas tout à fait bien compris de quoi il s’agissait… dans tous les cas c’est fort laid avec une touche de kitsch !

Malgré cette animation sportive ou grâce à elle, nous avons pu circuler dans Dhaka et j’ai pu enfin visiter old Dhaka. Cette partie de la ville sinueuse et grouillante de vie accueille tous les artisans et autres petits métiers qui ont disparu chez nous. J’ai pu enfin voir des ateliers qui fabriquaient et peignaient des rickshaw ! La balade a été chouette et ce quartier était moins miséreux et sale que je l’avais imaginé. Nous avons pu également visiter le fort Labagh, ancien palais d’époque moghol.

L’aventure bangladaise est maintenant terminée pour quelques mois, le retour a eu lieu dans d’excellentes conditions : surclassement en classe business sans rien demander, ce qui m’a évité de voyager avec des bangladais hurlant et  gigotant. Après deux jours à la maison, j’attaque une nouvelle mission à Mleiha à 80km de Dubai dès samedi. Je suis contente de travailler pour une fois pas trop loin de chez nous !

Par Charlotte REROLLE
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 18:59

Alors pour se changer les idées après l’épisode du vol et de la grosse colère, l’occasion rêvée s’est présentée : faire un tour d’éléphant ! Ah depuis le temps que j’attendais ca ! J’ai reçu un matin un coup de fil pour me dire que les éléphants étaient de retour au village. Sans tarder nous avons pris un rendez-vous et un éléphant est venu nous chercher à la maison. C’était étonnant car le personnel bangladais de la maison n’avait jamais approché d’éléphant. Nous avons donc fait des photos ensemble, puis avec Coline, la céramologue, nous sommes montées dessus, derrière le cornac. Il faut dire que ce n’est pas un éléphant pour touristes, c’est un éléphant agricole, que l’on appelle pour arracher des bananiers ou faire des trucs de ce genre.  Nous avons donc emprunté une serviette de toilette à la maison (l’éléphant a le poil dru !), et nous sommes parties nous promener « à cru » sur le dos de l’éléphant. On pensait faire un petit tour dans le jardin du musée et en fait non : nous avons escaladé le rempart antique et nous avons pris la direction de la fouille à 30 ou 40 min de là (distance à dos d’éléphant).  C’est là que les choses ont commencé à se corser : faire monter un escalier à un éléphant avec deux jeunes filles à cru qui glissent irrémédiablement ! Les premières frayeurs passées, les cuisses crispées pour se tenir  et même pas le mal de mer, la balade s’est poursuivie et nous avons au passage arraché deux ou trois bananiers qui dépassaient des champs sur le rempart. L’éléphant a ensuite du passer au travers de passages étroits et a fait preuve d’une agilité étonnante en marchant sur une toute petite digue (pas la place pour deux hommes de se croiser). Nous avons été très impressionnées quand devant une marre, le cornac a arrêté l’éléphant, lui a dit un truc du genre hop hop et l’éléphant a sauté la marre avec nous accrochées dessus comme on pouvait. La balade s’est terminée par une série d’acrobaties car l’éléphant est passé à travers les ruelles du village. Nos pieds ont frotté contre les murs, mais surtout, l’éléphant a du ramper à genou sous les arbres et les fils électriques.  Nous avons failli rester coincées sous une branche et perdre un bout de mollet à cause d’un toit en tôles ondulées ! Cela fut donc une chouette aventure, hors du commun mais forte en émotions ! Les preuves photographiques suivront bientôt !


Pour la suite de l’histoire de vol, le personnel a été très surpris de voir le salaire supprimé. Chacun a été appelé comme d’habitude pour la paie, mais  au lieu de signer et de recevoir l’argent, celui-ci est parti dans une enveloppe. Quand les 10 personnes ont vraiment compris que l’argent n’allait pas leur être donné tant que les 2000tk ne seraient pas réapparus, des scènes difficiles ont eu lieu, certains au bord des larmes ont demandé comment ils allaient nourrir leurs enfants, d’autres comment ils allaient acheter leurs médicaments. Les disputes ont fusé, mais personne ne s’est dénoncé. Seule une personne, celle pour laquelle on avait le plus de doute, est restée en retrait. Tous les français l’ont vu mais les bangladais ne semblent pas s’en être rendus compte…  Ca a été assez dur de prendre conscience de ça et de ne rien pouvoir faire faute de preuves, de voir ces gens dans le besoin mais en même temps de devoir rester fermes sur nos positions.  Une entrevue chez le voyant devait avoir lieu mais nous l’avons interdit pendant les heures de boulot car la preuve allait être faite en trempant la main du coupable dans l’huile bouillante. Châtiment un peu surdimensionné à notre gout ! Le renvoi de la personne est tout de même plus ou moins au gout du jour, mais comme c’est aussi le gardien de la maison lorsque la mission est fermée, le directeur a peur des représailles sur la fouille, la maison et le mobilier archéologique lors de notre absence… on verra bien comment se termine la mission, mais bizarrement les notes de marché ont fortement diminuées depuis…


Le travail s’est bien terminé avec plus de 80 objets traités et une grande partie des réserves réorganisée ! rdv d’ici quelques jours pour la fin de l’aventure bangladaise avant d’attaquer une nouvelle page pour conter une mission aux Emirats ! merci merci à tous pour vos petits mots, à très bientôt !

Par Charlotte REROLLE
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 04:47

La semaine a été un peu mouvementée. Nous nous sommes aperçus que dimanche lorsqu’une partie de l’équipe est partie à Paharpur, 2000 takas (soit l’équivalent de 2 semaines de salaire) ont été volés dans la caisse par des bangladais qui étaient restés à la maison seuls (personnel de la maison et crapules qui s’occupent de la céramique). Il a donc été décidé que si l’argent ne revenait pas à la fin de la semaine, il n’y aurait pas de salaire cette semaine pour ces 9 personnes. Si l’argent revenait dans la boite déposée dans les toilettes à cet effet pour des raisons de discrétion, une journée serait retirée et si le coupable se dénonçait tout le monde avait son salaire, et on discutait avec la personne pour comprendre pourquoi il a pris cet argent, mais il ne pourrait plus travailler à la maison. La mission finance les frais médicaux des ouvriers et du personnel du moment qu’ils justifient d’ordonnance et autres examens. Si quelqu’un a un problème, on donne facilement de l’argent pour l’aider tant que c’est justifié. 2000 takas, soit environ 20 euros, c’est rien pour la mission mais c’est une question de confiance car il y a toujours beaucoup d’argent liquide à la mission pour les frais de fonctionnement et le salaire des 70 personnes qui travaillent avec nous. Certains se sont sentis concernés par ce vol et pour d’autre cela passe à 100m au dessus de leurs têtes ! Les crapules et la femme de ménage ont donc cherché des solutions. Ils ont d’abord été cherchés un papy qui lave la céramique. Celui-ci est entré en transe, s’est jeté au sol et a dit qu’il savait où était l’argent mais que le directeur devait sortir de la maison pour pouvoir désigner le lieu. Finalement, l’argent n’était nulle part… Ensuite ils ont décidé qu’il faudrait que tout le monde boive des verres d’eau sucrée et salée et suite à des prières le coupable serait désigné… nous attendons le résultat pour le moment. Mais l’argent n’est toujours pas revenu, et certains ne croient pas à la suppression hebdomadaire du salaire. Nous verrons les réactions demain, jour de paye. Surtout qu’il semble que ce ne soit pas la première fois. La femme de ménage ne souhaite plus pénétrer dans le bureau seule et nous fait toute une comédie pour le ménage, mais ne nous inquiétons pas, elle enquête !

Le lendemain de cette affaire, l’homme de maison à qui je demande depuis plus de 2 semaines d’acheter des malles en métal m’a dit que ce n’était pas possible. Il y est allé tout de même car il n’avait pas le choix : le prix avait doublé et je ne pouvais pas les avoir avant 4 jours. Comme au même moment, l’une des crapule est rentrée chez elle pendant une heure sans prévenir, soit disant pour aller aux toilettes, alors qu’il y en a à coté de leur bureau. Je suis donc entrée dans une colère noire et j’ai menacé de virer tout le monde. Finalement, les malles ont été livrées 2h plus tard, le prix est redevenu raisonnable et les allers-retours de notre homme de maison plus nombreux que d’habitude ont couté presque le même prix que pour nous et non 3 fois plus cher ! Depuis cette colère tout va mieux, tout le monde s’est remis au boulot !

 

Une petite expédition à Paharpur a été organisée pour aller voir les réserves du musée. J’ai pu cette fois entrer. Le travail effectué par le conservateur est considérable et les réserves sont plutôt bien tenues. Il fallait que j’évalue l’état de conservation des objets en métaux qui sont très peu nombreux et plutôt en bon état malgré le climat. Mais le but principal était de voir les 2000 plaques architecturales en terre cuite décorées qui sont dans les réserves. Suite à la visite la semaine dernière du groupe d’amitié parlementaire franco-bangladais, un projet de formation des bangladais pour restaurer ces plaques (nettoyage, collage) a été proposé. Reste maintenant à trouver les fonds, bien sûr !

J’ai organisé la semaine dernière pour notre jour de congé, la visite d’une petite mosquée Moghol (XIIème siècle environ) qui se situait à Sherpur à environ une heure de route de la mission. Vendredi nous devons aller à Rangpur, ville de la soie.

Le travail avance bien et je pense atteindre les objectifs que je m’étais fixés avant de partir. Il ne me reste plus qu’une semaine ici. Voila pour les nouvelles de la mission de Mahasthan où l’ambiance est toujours sympa !

Par Charlotte REROLLE
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Dimanche 6 février 2011 7 06 /02 /Fév /2011 05:44

Et voilà, de retour au Bangladesh, mais cette fois avec toute la mission. Nous sommes sept : cinq français, Barbara l’italienne et Coline qui est Belge. C’est très sympa de se retrouver à plusieurs, l’ambiance est bonne. L’objectif de cette mission est de continuer à traiter la fin des monnaies que j’avais retrouvées avant de partir en décembre, monnaies des années 1990 qui avaient été traitées à Dhaka. La restauration est absolument catastrophique, elles sont illisibles mais elles doivent être tout de même stabilisées et protégées. Je poursuis le nettoyage des pointes de flèches en fer. Je travaille également sur une lampe à huile en bronze, d’origine grecque datant probablement du IIème siècle av. J.C. Elle était en partie prise dans la corrosion d’une hache en fer. Je tente aussi de continuer le rangement de la réserve des objets. Je suis ravie d’être nouveau à Mahasthan.

 

Nous avons rencontré à Bogra (20km de Mahasthan), un couple franco-anglais qui travaille là depuis 4 ans. La femme nous fait profiter de ses bons plans artisanaux. Par son intermédiaire, nous avons rendu visite à des sœurs missionnaires (congrégation de l’immaculée conception de Lourdes) italiennes qui habitent à 80 km. Elles tiennent des écoles avec un internat pour jeunes filles, un dispensaire et un atelier de broderies où les femmes du village travaillent. Cette visite a été très intéressante, les sœurs étaient ravies d’avoir de la visite et aimeraient venir voir le chantier de fouilles avec des élèves. Nous avons aussi visité le séminaire tout proche, qui s’occupe de la construction d’une immense cathédrale tout en béton au milieu de la jungle !

 

Le retour en France, pour un mois autour de Noel a été un peu éprouvant. Mais malgré tout, j’en ai profité pour déménager de Paris, et j’ai installé mes affaires dans notre nouvelle maison, semi-troglodite à une vingtaine de kilomètre de Tours où nous avons reçu des amis pour fêter mon anniversaire et la nouvelle année. Il est clair que nous ne serons pas très souvent dans cette maison, mais ce sera notre base quand nous serons en France. J’y passerai plus de temps que Karim puisque je continue à travailler partiellement en France, mais mon chez moi, notre chez nous à l’année est à Dubai maintenant. Cela m’a fait beaucoup de bien de pouvoir profiter de la famille.

Voila pour les petites nouvelles, à bientôt pour la suite de l’aventure bangladaise.

Par Charlotte REROLLE
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Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 11:11

L’objectif de la mission de restauration à Mahasthan cette année, était le nettoyage des monnaies qui avaient été découvertes en 2010 afin de confirmer certaines hypothèses de fouilles, notamment chronologique. Ces monnaies étaient dans un assez mauvais état de conservation mais elles ont pu être identifiées après nettoyage. Elles corroborent bien les idées initiales sur une fondation de la cité à l’époque Maurya-Sunga. Ces chronologies ne nous sont pas familières, mais il s’agit de dynasties indiennes datant des environs du IIIème siècle avant JC. Comme j’avais constaté en 2009 que les monnaies découvertes dans les années 1990 présentaient des signes de corrosion active, j’ai aussi travaillé sur une grande partie de ces monnaies. J’ai continué de nettoyer des pointes de flèches en fer découvertes en 2009. J’ai aussi travaillé sur le mobilier métallique non ferreux de la campagne de 2006. Mais l’une des principales actions a été de réorganiser les réserves où sont conservées le mobilier sorti de fouilles en séparant les différentes fouilles, les différents matériaux. Nous avons ensuite fait l’inventaire du métal, soit des milliers de numéros se ressemblant, reconditionné les objets dans des sachets de qualité et rangé tout cela dans des boites hermétiques avec du silica gel pour limiter le développement de la corrosion des objets. Les boites sont ensuite scellées avec du scotch renforcé pour limiter les échanger d’air au niveau du système d’ouverture. Nous avons testé l’année dernière ce type de rangement pour le mobilier de 2009, nous avions 85% d’humidité relative pour des normes autour de 50%. Résultat, un an plus tard, le silica gel avait absorbé l’humidité et nous avions un taux de 25% d’humidité relative, ce qui est inespéré dans un pays comme le Bangladesh. Suite à ces résultats positifs, nous avons donc étendu le système aux fouilles de 1993 à 2010.

J’ai également travaillé avec la « crapule », Ashraful de son prénom, sur une céramique. Le résultat n’a pas été très concluant. Je crois que nous avions des problèmes de communication, qu’il ne comprenait pas tant l’anglais que ca, et que même si Massoud faisait la traduction en bengali ce n’était pas clair. De plus la céramique choisie était beaucoup trop compliqué… il va donc falloir reprendre cela lors de la prochaine mission en février ou revoir les objectifs de la mission.

Nous avons eu quelques « problèmes » avec le personnel de la mission qui travaille avec les français depuis plus de 15 ans qui sont bien payés pour le Bangladesh, mais qui connaissent aussi toutes les ficelles. Nous avons du demander à la femme de ménage de ne plus aller dormir dans un coin afin de nous faire croire qu’elle travaille 8h par jour, mais nous lui avons expliqué que si elle finissait en 2h en faisant vraiment le ménage, elle pouvait rentrer chez elle. Nous avons aussi demandé au gardien de ne plus fouiller dans nos vêtements et d’éviter de multiplier le prix des transports par 10 car ça finissait par être un peu exagéré… En revanche cette année, la cuisine était meilleure et plus variée que l’année dernière : en plus du riz, des pommes de terre et des lentilles, nous avons eu le droit à de la salade de tomates, de la tarte à l’oignon et des aubergines frites ! Bref des petits désagréments classiques où l’on accepte d’être dupe si derrière ils ne viennent pas se plaindre et dénoncer les autres.

La mission terminée, nous sommes rentrées à Dhaka en mettant quasiment 6h, soit 2h de plus à cause des embouteillages pour entrer dans la ville. La circulation est un enfer, nous n’avons même pas pu aller visiter Old Dhaka car il n’y avait ni taxi ni CNG de libre ou qui était prêt à changer de quartier. Depuis hier, il pleut et dans un pays comme celui, d’une telle saleté, c’est juste horrible. Devant la guest house, la rue n’était qu’une flaque d’eau géante de plus de 20cm de profondeur. Trouvé un taxi pour aller au Directorat de l’archéologie a été compliqué, mais nous avons finalement trouvé un « tas de ferrailles » qui prenait l’eau par le bas des portières ! Une fois arrivée à bon port, le gars nous a dit que nous avions eu de la chance de ne pas tomber en panne et de ne pas avoir du pousser la voiture ! Après juste une nuit de pluie, vu l’état des quartiers riches, je me demande comment ca doit être pendant la mousson… surement assez proche de ce que l’on voit dans le film « la Cité de la Joie ».

C’est ainsi que se termine cette mission de restauration Mahasthan 2010, nous prenons l’avion demain matin. Comme l’année dernière, je fais un stop à Dubai, mais cette fois pour d’autres raisons ! Je rentre la semaine prochaine à Paris, mais je reviens au Bangladesh avec toute la mission à la fin janvier. Promis les photos suivront d'ici quelques jours!

Par Charlotte REROLLE
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