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24 septembre 2007 1 24 /09 /septembre /2007 13:32

Levée à 5h30, samedi matin pour prendre un train vers 7h direction Spiez, puis un autre pour Zweisimmen, encore un pour La Lenk et pour terminer un bus nous a emmené jusqu’à Iffigenalp à 9h45, où nous avions rendez-vous avec l’archéologue et ses enfants, quelques membres du service archéologique, un journaliste du magazine Géo Allemagne ainsi qu’une quinzaine de membres de Club Alpin de Bienne auquel l’archéologue, Albert, appartient. Bref nous étions un groupe d’une vingtaine de personnes. Nous avons d’ailleurs failli rater le rendez-vous, car Martin a confondu l’heure d’arrivée du train à Spiez et son départ, nous nous apprêtions à prendre un café quand je me suis apercue de ca. Nous avons couru pour attraper le train qui, par chance, est parti avec deux minutes de retard (ce qui n’arrive jamais en Suisse normalement). Nous avons pris la direction d’Iffigsee, magnifique petit lac de montagne à deux heures de marche. Petite pause pour une explication archéologique sur l’emplacement d’une ancienne auberge romaine, qui se situait sur cette voie ancestrale qui reliait la vallée du Rhône (du Valais) et le plateau Suisse. On repart, pour une heure, direction le refuge, Wildhornhütte, où nous devons dormir le soir, histoire de déjeuner et de laisser quelques affaires afin de monter plus léger au Schnidejoch. Une heure trente de marche sur un dénivelé assez important, sur une crête enneigée, puis nous avons contourné le glacier du Wildhorn, afin d’accéder au Schnidejoch. Cette balade jusqu’au Schnidejoch n’est balisée que depuis 2005, avant elle n’était plus accessible en raison de l’avancement du glacier. Albert a présenté le contexte des découvertes archéologiques.

 

2003, fortes chaleurs, les glaces reculent et des promeneurs trouvent quelque chose qui ressemble à un récipient en écorces. Ils l’amènent au musée historique de Berne qui le montre à Christoph, le chef du laboratoire de restauration, mon responsable de stage. Après quelques rapides recherches, il démontre qu’il y a une ressemblance avec un objet découvert avec Otzi. Le service archéo décide de faire une datation au carbone 14. Il s’avère qu’il s’agit bien d’un récipient du néolithique. Le temps que tout le monde s’active, mais la neige d’hiver était déjà tombée. L’année suivante en 2004, une petite équipe de quatre personnes est constituée dans le plus grand des secret, même au sein du service, afin d’effectuer des recherches dans la zone indiquée. Une épingle en bronze, un carquois en écorce et morceau de jambe de pantalon en peau seront découverts, ce qui obligent à faire une campagne un peu systématique de prospection dans la zone. En 2005 et 2006, les campagnes se poursuivent à l’aide de détecteurs de métaux, et de chiens italiens dressés pour découvrir des cadavres et entraînés spécialement pour cette expérience avec des ossement archéologiques en Italie. Les chiens n’ont rien trouvé, mais le détecteur a permis de découvrir plus de 200 clous de chaussures des légions romaines.  Ces clous forment des séries selon leurs formes, et on pourrait théoriquement les attribuer à telle ou telle légion romaine. Fin 2005, le service archéologique décide de divulguer la découverte à la presse. De nombreux journaux et télés, suisses et étrangers, se déplacent et relaient l’information. Peu de temps après un Allemand se fait connaître. Il était passé au Schnidejoch au même moment en 2003 et il avait ramené un arc et une flèche découverts sur place. Après négociation, l’arc et la flèche passent du salon de cet Allemand au service archéologique de Berne. Quatre phases ont été mises en évidence par le matériel découvert : la période Néolithique, l’Age du Bronze, la période romaine et le Moyen Age. Ces phases correspondent aux moments où le glacier s’était en parti retiré, à cause d’épisodes climatiques plus chauds, libérant un passage. Ces objets ont pu être retrouvés car ils se situaient dans une cuvette, endroit où le glacier ne pouvait avancer.

La surface s’est avérée beaucoup plus petite qu’elle ne paraissait sur les photos. Il ne reste pas grand-chose à fouiller. Cette année, ça n’a pas été possible du fait de l’enneigement. Le site se situe sur une face nord, assez peu ensoleillée. Pour pouvoir faire des recherches, il est nécessaire qu’il n’y ait plus de neige et que la glace soit en train de fondre afin de laisser apparaître les objets. Il faut savoir que cette glace est opaque, et qu’il n’ai pas possible de les localiser (sauf en métal avec un détecteur) en profondeur tant qu’ils n’apparaissent pas à la surface. Du fait de ces contraintes, la période de recherche est assez courte, de mi-août/fin août à fin septembre voir début octobre. Tout dépend de la météo, de l’été mais aussi du nombre de mètres de neige tombée l’hiver précédent.

 

Nous sommes ensuite redescendu au refuge, une heure environ, non sans quelques glissades sur les pentes enneigées. Le refuge, pour moi, était une expérience nouvelle. Repas hyper tôt à 18h30, bon et copieux. Le refuge était complet, soit les 98 lits des dortoirs étaient occupés. Quand on se couche, les lumières sont déjà éteintes, en général, puisque les premiers vont au lit vers 20h. Donc à chaque fois qu’une des vingt personnes du dortoir se couche, on a le droit à la lampe frontale dans le visage, quelques chuchotements voir conversation, et tout un cinéma pour savoir si la fenêtre doit rester ouverte ou non (il fait en dessous de 0° la nuit à 2200m). Ensuite les gens ronflent, et tu peux pas bouger car 10 matelas de 60cm de large (en tout cas moins que la normale) sont cotes à cotes, et si tu bouges, tu déranges ton voisin. Evidement au milieu de la nuit, il y a ceux qui vont aux toilettes, et surtout à 20 dans une chambrée, on crève de chaud. Pour terminer la nuit, les premiers se lèvent à 4h30 du matin. Donc je n’ai pas beaucoup dormi, du coup j’étais levée tôt (enfin pas trop pour un refuge) vers 7h30. Le reste du groupe est parti faire une traversée de glacier, nous n'y sommes pas allés car nous n'avions pas bien compris qu'on pouvait y participer, et donc nous n'étions pas équipés. Dans la matinée, on est redescendu en 2h à Iffigenalp, et comme on a loupé le bus et qu’il fallait attendre 2h, on a décidé de descendre à pied à La Lenk. A la moitié, au bout d’une heure, on a fait du stop pour aller à la gare, car c’était plus que de la route, la descente était terminée. Résultat : samedi presque 6h de marche, 1100m de dénivelé en monté, 500m en descente, dimanche 3h de marche et 1200/1400m de dénivelé en descente. Faut pas croire que la monté soit le moment le plus difficile, musculairement parlant c’est la descente !

 

Je suis donc ravie de ce week-end un peu crevant, mais super intéressant, qui m’a permis de visualiser les choses et de mieux comprendre les problématiques  si particulières de ce site. Mais pour l’homme du Schnidejoch, qui aurait pour nom Schnidi, ce ne sera pas pour cette année, et je ne suis pas sur qu’on le trouve un jour ! On verra ce que les surprises de l’archéologie nous réservent pour l’avenir, ciao !

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 09:38

Parallèlement à mon sujet de diplôme  portant sur le développement d’une technique de prélèvement pour les objets archéologiques pris dans la glace, je dois effectuer un dossier de méthodologie sur un thème libre. J’ai choisi de travailler dans le même domaine. Après avoir discuté avec quelques restaurateurs, il s’est avéré que l’état des bois archéologiques pris dans la glace n’était pas clair, à savoir si c’était : sec, humide ou gorgé d’eau. Caractère assez important pour déterminer le traitement de conservation qui devra suivre. Après avoir cherché à droite, à gauche, j’ai pensé que l’humidimètre classique qui sert à mesurer l’humidité dans les constructions ou le niveau de séchage du bois pourrait répondre à ma question. Afin de déterminer l’outil le plus adapté et effectuer quelques tests préliminaires, j’ai pris contact puis rencontré des gens de la Haute Ecole du Bois de Bienne. Très chouette endroit, avec du matériel de pointe, le tout encadré par des gens qui ont l’air très compétents. J’avais emmené avec moi 5 échantillons, que j’avais préalablement coupé en deux et dont j’avais congelé la moitié, l’autre partie restant à température ambiante. Après avoir cherché la technique puis le matériel le plus adapté, nous avons trouvé un appareil qui mesurait des donnés relativement conforme à mes attentes, mais surtout qui n’abîmait pas les échantillons (la plupart du temps, ça fait des petits trous, car ce sont des appareils qui mesurent la résistivité électrique avec des aiguilles) et dont les seuils de mesures correspondaient aux nôtres. Je suis donc assez contente de ces tests préliminaires. Je dois maintenant réfléchir un peu plus précisément à un protocole de tests qui permettrait de valider cette méthode d’aide au diagnostic. Les choses avancent donc !

 

Quelques nouvelles du pays. La Suisse devrait voter d’ici quelques temps, pour un scrutin qui n’ait pas clair pour moi. Dans tous les cas, un parti, le SVP, comparable à l’extrême droite, fait une campagne d’affichage très importante depuis plusieurs semaines voir mois. Ils ont trouvé une illustration, que je trouve assez violente dans ce qu’elle suggère, que l’on trouve absolument sur tous les panneaux d’affichages suisses mais également dans la presse. Il s’agit de trois moutons blancs sur le drapeau suisse, l’un d’eux est blessé par un couteau. Un autre éjecte un mouton noir hors du drapeau suisse, car il serait responsable. Cette campagne d’affichage raciste appuyée sur une statistique selon laquelle les étrangers seraient responsables de la plupart des délits et crimes commis en Suisse, m’a beaucoup surpris, car une telle affiche n’aurait jamais pu exister en France. Elle n’a pas été censurée ici, et elle est au centre d’un débat plus vaste sur la censure qui dit que la censure serait pire que les idées que véhiculent ce type d’affiche. Je suis en tout cas toujours aussi surprise lorsque je croise plus de 10 fois par jours ces affiches.

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La météo s’annonce plutôt bonne pour le week-end, froide mais ensoleillée, nous partons donc samedi matin vers 6h30 du mat pour le Schnidejoch. Nous dormirons à proximité (à une ou deux heures quand même !) dans un refuge. Le retour s’effectuera dans la journée de dimanche, après avoir eu quelques commentaires archéologiques sur les lieux… !

 

Les résultats de l’aventure tant attendue au prochain épisode !

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 09:26

Alors pour terminer ma semaine sportive (vélo et marche), Manu et Antoine m’ont emmené vendredi soir faire la corrida de Chinon. C’est une course nocturne de 7,5 km qui a lieu tous les ans à Chinon, la veille des Journées du Patrimoine. L’objectif de départ était de la faire tous ensemble, avec mes parents, Manu et mes frères, mais comme mon père a décidé de se faire remarquer au niveau santé, il n’a pas eu le droit à son certificat médical, donc ma mère l’a soutenu moralement, et Camille travaillait. Devant ce renoncement général, j’ai bien failli me joindre à eux, mais finalement un accord passé avec Antoine m’a motivé. Nous nous déguisions, et il faisait la course à mon rythme. Résultat, Antoine a gagné le prix du meilleur déguisement (rien d’étonnant), nous avons mis 55min soit beaucoup plus que les meilleurs (22min), Manu a fait 31 min, il n’a donc pas réussi son objectif, passé sous la barre de 30 min, alors il a fait un tour de plus pour m’aider à finir ! Ils sont sympas quand même ces gars. Et tout ça sous les applaudissements de nos parents ! C’était plutôt sympa, et j’étais contente de l’avoir fait, à mon rythme mais finie !

Le reste du week-end a été tout aussi rythmé, visites pour les Journées du Patrimoine samedi et dimanche, pour présenter la conservation restauration des objets archéologiques au travers de l’expo sur les objets trouvés dans quatre sépultures privilégiées de la collégiale St Mexme. Pas grand monde d’intéressé, beaucoup de gens pour voir la collégiale comme d’habitude, mais c’était aussi bien pour moi. Cette collégiale est un endroit phare pour la ville, même si c’est toujours fermé, bâtiment de l’an mil, XIIème et XVème siècle, transformée en école au XIXème jusqu’en 1983, beaucoup de chinonais y sont venus à l’école à l’époque où l’on ne supposait pas l’existence de toutes ces superbes peintures murales. Pour la petite histoire, je suis allée au vernissage, et ça a été houleux, il y a eu pas mal de polémiques quant aux textiles exposés. Ils auraient été soi-disant secs, entiers, manipulables et colorés à leurs découvertes et maintenant ce ne sont que des micro-fragments marronnasses. Et ce serait de la faute aux personnes (restauratrices) qui les auraient prélevés si c’est dans cet état là. J’ai donc essayé d’expliquer théoriquement ce qu’il en pouvait en être, qui ne correspond pas du tout avec ce qui ce serait passé à l’époque. Je me suis fait un peu rembarrée, j’ai donc répondu que si c’était alors un cas unique de textiles secs comme s’ils provenaient du désert égyptien alors que les couches auxquels ils appartiennent sont humides du fait de la proximité d’une source, il fallait publier cet exemple exceptionnel sans attendre ! J’attends de voir la tête de l’article dans la NR. Mais à part ce petit accrochage, tout s’est bien passé.

            Le jamais deux sans trois c’était pour le sport, mais aussi pour la famille. Après les soucis de santé de mon père, les deux jambes immobilisées de ma grand-mère paternelle, ce fut le tour de mon grand-père maternel de nous faire une frayeur la semaine dernière : des problèmes cardiaques qui l’ont envoyé directement à l’hôpital pour quelques jours… Je commence à en avoir un rien ras le bol de tous ces passages aux urgences ! On fait pas le concours du meilleur scénario pour la nouvelle saison de la série que je sache ! Avant de repartir de ce week-end un peu chargé, j’ai donc fait un saut à Versailles pour embrasser mon grand-père avec Manu, ma mère et  Antoine qui partait pour la Belgique à Louvain-la-Neuve.

 

            Le retour en Suisse n’a pas été trop dur, seulement il fait assez froid, et il pleut genre il va encore neiger, apparemment la limite de la neige dans l’Oberland serait à 1200m, soit hyper basse. On va voir ce que ça présage pour le week-end prochain… Si la météo est bonne, nous pourrions participer Martin et moi à une sortie avec l’archéologue au Schnidejoch, oui, oui, le Schnidejoch ! Pas pour travailler, mais pour présenter le site à certains journalistes et chercheurs associés au projet, et nous pourrions être de la partie. Ca paye des fois la diplomatie ! Patience maintenant (et prières pour le beau temps).

 

            A très bientôt pour des nouvelles de la météo suisse et de ses conséquences !

 

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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 16:11
Nous sommes retournés hier au Lötschenpass, avec Martin, afin d'y déposer des objets. Nous avons donc mis dans un trou dans la glace en bordure de glacier, pour des raisons de sécurité, une dizaine d'objets afin de pouvoir aller les dégager dans quelques semaines, histoire de valider nos protocoles mis en place et de travailler in situ dans des conditions proche de la réalité,  pour nos mémoires de diplome. Nous espèrons que la glace se reforme d'ici la seconde phase, celle du dégagement, soit dasn deux semaines au mieux.  Tout dépendra de la météo! Je connaissais déjà le chemin pour accèder au glacier, et cela s'est revélé plus stressant que de partir sur un nouveau sentier, car je me rappelais assez précisement des moments difficiles. La randonnée s'est bien passé, trois heures de montée soit un quart d'heure de moins que la dernière fois et deux heures de descente limite en courant pour avoir le dernier téléphérique de justesse soit 20min de moins. J'ai donc quelques courbatures! En attendant la phase 2, il me faut écrire précisement le protocole de dégagement noir sur blanc.

Voila pour les nouvelles, je pars passer un grand week-end en Touraine, raison de la longueur de cette article, ciao!
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 18:51

Ce week-end c’était les Journées Européennes du Patrimoine, et comme ca se fait dans des nombreux pays, évidement il n’arrive pas à mettre tout le monde à la même date. Bref, en Suisse et en Allemagne c’était ce week-end, en France ce sera pour le prochain week-end. Ca va me permettre de rentrer à Chinon, histoire de faire quelques visites et de voir un peu la famille. Cette année le thème, en France, est « ces métiers qui font vivre notre patrimoine ». Pour l’occasion, le service du patrimoine de Chinon monte une exposition sur les fouilles de St Mexme. Moi, je vais effectuer des visites pour expliquer la conservation restauration en archéologie en m’appuyant sur l’exposition. Ca devrait être sympa, il me reste juste à préparer ma visite...

Pour les Journées du Patrimoine Suisse, je suis allée au bord du lac du Bienne, sur le site archéologique lacustre de Sutz-Lattrigen. Une équipe du service archéologique de Berne, fouille et plonge là-bas depuis près de 20 ans. Ils ont repéré plus d’une dizaine d’occupations lacustres sur le lac de Bienne, et s’occupent actuellement de palafittes (comme on dit), extrêmement intéressants, parfaitement datés à cause d’un incendie. La reconstruction du site aurait eu lieu en 2704 av. J.C., datation attestée par la dendrochronologie, sciences qui permet de dater le bois en s’appuyant sur les cernes annuelles que font les arbres jusqu’à leur abattage. Le service archéo de Berne bénéficie d‘un poste de dendrochronologue à temps partiel, ce qui permet de dater les pilotis découverts et de les associer ensemble, puisqu’en général un même bâtiment est construit la même année, donc tous les morceaux de bois pour fabriquer cette maison sont abattus la même année. Après cette visite et une petite balade au bord du lac, nous sommes allées avec Johanna voir Fred, la copine francaise qui est une classe au-dessus de moi dans notre formation parisienne et qui a eu un contrat après son stage au laboratoire du service archéo de Berne, qui venait d’accoucher la veille d’un petit Benjamin. Elle semblait ravie, un peu fatiguée par la césarienne comme on pouvait s’y attendre. Le rôle de père semble convenir parfaitement à son mari.

            Le dimanche tout s’est corsé, j’ai du renoncer a ma grasse matinée dominicale, pour participer à une balade en vélo organisée par le service archéo. Je m’étais en effet inscrite mais je n’avais pas fait attention à l’heure, j’ai du prendre le train à 8h, pour rejoindre le point de rdv. Ensuite une 50km à vélo en tout, sur une des parties relativement  plates de Suisse, entre Bienne et Berne. Rythme tranquille pour eux, soutenu voir intense pour moi, il faut dire que plusieurs d’entre eux revenait de vacances à vélo ou ils avaient fait 600 ou 800 km en Suisse, Allemagne et Autriche. Alors moi c’est pas avec mes 25 min de vélo pour aller en stage depuis 2 mois que je pouvais avoir l’entrainement ! En tout cas, la région, comme d’habitude en Suisse, était très belle, et l’ambiance était plutôt bon enfant. Quand je suis rentrée le soir j’étais complètement crevée ! Je suis pas encore prête pour le Tour de France !

 

            Après l’épisode Mac Gyver de la semaine dernière, je suis passée à copain des bois. Nous devons partir mercredi avec Martin mettre quelques objets dans la glace pour un faire un test in situ. Après avoir regardé le matériel sorti pour Otzi, je suis allée en forêt récupérer, des morceaux d’écorces, des pommes de pin, des bouts de bois et des bogues de châtaignes. J’ai fabriqué un truc en corde avec des noeuds et des coquillages, et j’ai incéré des plumes sur un morceau de bois, histoire de faire un genre de flèche. Parallèlement j’ai récupéré du matériel archéo hors contexte voué à la benne, os, fer, céramique et autres bouts de cuirs modernes. Ca devrait me faire un chouette complexe à dégager !

 

            Pour la petite histoire j’ai été obligée de réorganiser les photos de mon blog. Comme je suis blogrank 5 et que la notation va de 0 à 100 (donc 5 c’est pas terrible), j’ai pas le droit de multiplier les dossiers photos, mais je peux par contre en mettre autant que je veux quasiment dans un. Quand je mets des nouvelles photos, je crée un nouveau dossier et au bout d’une semaine, ca rejoint le dossier Suisse, donc si vous êtes pas venus depuis quelques temps, vous verrez de nouvelles photos dans le dossier Suisse. Sinon comme vous avez du le remarquer, j’essaie d’écrire environ deux articles par semaines. Merci d’être un public attentif et de me mettre tous ces commentaires ou e-mails si gentils.

 

            A très bientôt, ciao !

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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 10:10

            Si je n’arrive pas à faire carrière dans la restauration, je pourrai toujours me reconvertir dans la météo ! Il pleut moins, mais les températures ont chuté, il fait entre 4° et 12°C, il a neigé à partir de 1700m et au dessus de 2500m, la neige tient depuis 3 jours. Il parait que les éleveurs commencent à redescendre leurs bêtes des alpages... Je suis donc de près la météo, en plus la Suisse est couverte par un réseau de webcam, accessible gratuitement sur le net, on peut donc voir en direct s’il y a de la neige à proximité des sites ou nous envisageons d’aller. Il fait un peu froid, j’ai sorti les gants pour faire du vélo, et je pense ramener mes affaires d’hiver, la prochaine fois que je rentre en France.

 

            Pour ce qui est de la technique de prélèvement, ca avance doucement. J’ai effectué cette semaine un bricolage, pour intégrer dans le bouchon d’un thermos, ce que l’on appelle un thermo-plongeur. Ca ressemble à une résistance de bouilloire électrique, on le plonge dans l’eau, on le branche et ca chauffe l’eau. Il faut 7 min pour faire passer un peu moins d’un litre d’eau de 20°C à 70°C et environ 18 min pour passer de 3°C (eau+neige/glace) à 70°C la même quantité. C’est donc relativement rapide, et ca présente l’avantage par rapport à une bouilloire de consommer moins d’énergie. Une Bouilloire consomme au minimum 1000W, souvent plus, et ce thermo-plongeur seulement 300W. Même si j’ai décidé de prendre un petit groupe électrogène, qui n’est pas encore arrivé,  je dois faire attention à  ma consommation d’énergie. Ce groupe électrogène peut fournir environ 700W, c’est pas énorme, mais ce qui nous importait le plus c’était le poids, 12 kg quand même,  et c’est surtout largement suffisant pour alimenter notre compresseur. J’ai intégré ca dans un bouchon de thermos, car premièrement ca garde la chaleur, c’est évident, mais c’est surtout que ca permet d’inter-changer les thermos. En effet, la bouteille contenant l’eau reliée à l’aérographe est la même que celle qui chauffe l’eau, les dispositifs particuliers se situant dans les bouchons. Quand ma bouteille pour l’aérographe est vide, il me suffit de prendre celle ou l’eau a chauffé et de remplir l’autre et de la faire chauffer en attendant. J’ai aussi fabriqué avec des rivets et des sangles des portes thermos, pour qu’ils soient un peu en hauteur lorsque je travaille, pour que le siphon se fasse correctement.

 

            Nous espérons avec Martin, avec qui ca se passe un peu mieux, aller la semaine prochaine sur un glacier pour enterrer (terme pas tout a fait adéquat, plutôt « englacer ») quelques objets fragiles dans la glace, histoire de pouvoir faire quelques tests in-situ grandeur nature à la mi-septembre s’il fait beau et si le groupe électrogène est arrivé. Sinon, nous effectuerons ces tests au laboratoire ou nous fabriquerons de gros blocs de glace contenant des objets.

 

Voila pour les nouvelles, à très bientôt.

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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 09:06

Manu est reparti, c’est un peu vide. Nous avons passé le week-end avec son père et sa famille paternelle en Alsace. Pour y aller, nous avons pris le col du Chasseral dans le Jura Suisse, qui culmine à 1600m et qui offre un magnifique point de vue sur le plateau Suisse avec les lacs de Neuchâtel et de Bienne, une vue sur les Vosges et le ballon d’Alsace, poussant même jusqu’à la Forêt Noire. Nous ne pouvions pas apercevoir les Alpes, il y avait trop de nuages pour ça. Autant dire, ce que je n’avais pas pu voir la veille avec le service archéo, je l’ai vu en mieux vendredi. En revanche pour l’itinéraire, c’était plus que le chemin des écoliers, mais c’était beau et nous avions le temps. Manu en a profité pour sortir son cerf-volant, ça soufflait bien là-haut. Comme toujours en Alsace, week-end gastronomique, de la carpe-frites en passant par d’autres spécialités dont je ne connais pas l’orthographe… Pour nous ouvrir l’appétit, nous avons fait une petite ballade dimanche en fin de matinée, pour aller jusqu’à une ferme-auberge, où je n’avais plus faim dès l’entrée, mais c’était bon, alors je ne me suis pas arrêter en cours de menu…

 

            Le retour à Berne s’est bien passé. Je me sens bien motivée pour avancer un peu, car ces dernières semaines, le travail a avancé un peu au ralenti sur le papier, même si dans ma tête ça fourmillait toujours. Ma copine Johanna m’aide bien pour les phases de réflexion, elle sait ce que c’est, elle a soutenu son diplôme en avril… Par contre avec mon collègue avec qui je partage le sujet de stage, la communication est de plus en plus difficile. J’en suis d’ailleurs à la moitié de ce stage exactement. Globalement, je suis vraiment contente de la manière dont se déroule ce stage, même si l’on risque de ne pas monter pour de vraies fouilles en glacier. Mais c’est ça aussi l’archéologie. J’apprends beaucoup aussi bien sur la façon de travailler dans ce service, que sur moi-même, mes limites et mes points faibles. C’est vraiment très enrichissant. Je pense en plus avoir fait de gros progrès en allemand, pas trop en suisse allemand, mais ça, c’est pas grave ! De plus, je découvre tous les jours un pays vraiment très agréable, avec des paysages magnifiques, et une population accueillante.

 

            Voila pour les nouvelles à mi-parcours de ce stage, à bientôt !

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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 09:55

            Je crois que j’ai parlé trop vite la dernière fois : il fait un temps horrible depuis trois jours, il pleut sans arrêt ! Il y a de nouveau des inondations au nord de Berne. Ce mauvais temps est vraiment mal tombé, car cette semaine était une semaine de sorties. Mardi nous sommes allés avec Manu au Steingletscher sur la Süstenpass. Il a pas mal plu et il y avait de l’orage. Heureusement l’accès au glacier se faisait très facilement et rapidement depuis la route. J’ai pu tester un certain nombre d’outils entre deux averses. Les tests avec l’airbrush se sont révélés assez concluant. Cette technique fonctionne bien, mais c’est un outil de précision. Le dégagement de très grande surface n’est pas adapté, il prend beaucoup trop de temps. Manu en a profité pour faire un véritable shooting (c’est à dire plus de 400 clichés en moins de deux heures !), histoire que j’ai un choix de photos assez large pour la bourse Expé et mon mémoire.

           

            De véritables fouilles en glacier que ce soit au Lötschenpass ou au Schnidejoch semblent aujourd’hui compromises par la météo. Une archéologue est montée au Schnidejoch, il y a quelques jours, il y avait encore plus d’un mètre de neige sur le site. Tant que la neige n’a pas fondu, il n’est pas possible d’envisager de travailler car la glace n’est pas accessible et qu’elle ne fond pas. Même si l’automne pourrait être beau, il nous faudrait plusieurs semaines de temps très chaud avec beaucoup de soleil, mais surtout qu’il arrête de neiger tous les quatre matins. Nous espérons faire quelques sorties en montagne encore, toujours pour faire des tests, histoire que tous les détails soient réglés.

 

            Autre sortie de la semaine, jeudi c’était la sortie annuelle du service archéologique. Nous avons été dans le Jura Suisse à Loveresse, à coté de Moutier (c’est la ou il y a des traces de dinosaures !). Nous sommes montés sur la crête, puis dans une tour pour admirer le panorama. Nous devions voir les Alpes bernoises, le Mont Blanc, Les Vosges, le ballon d’Alsaces. Malheureusement nous n’avons rien vu tellement il y avait de brouillard (la pluie venait de s’arrêter). Pour dire, en redescendant pour aller manger, nous avons fait une balade d’une bonne heure, et j’ai perdu le groupe après avoir refait mon lacet. On ne voyait vraiment rien à 10 m. La journée s’est poursuivie sur des grillades, et un moment de musique. C’était très sympa de pouvoir rencontrer le reste du service qui est actuellement sur le terrain.

 

            Sur ces aventures humides, à très bientôt !

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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 10:19

Manu est enfin arrivé après 1000km, et 13h de route (from les Pyrénées !). Nous avons profité du beau ce week-end pour faire tout un tas de trucs sympas. Samedi, sa cousine Fred était de passage à Berne et nous en avons profité pour aller manger dans un endroit un peu original, dans Berne mais un peu reculé du monde, au milieu de la forêt, au bord de l’eau, Zehndermätteli. C’est un restaurant bio, qui fait en même temps pépinière. Après avoir très bien mangé, nous avons décidé de nous rafraichir en nous baignant dans l’Aare. L’Aare est la rivière de Berne, ou il faut s’être au moins baigné une fois si l’on vient l’été. Ca y est c’est fait ! 17°C, c’est un peu froid, mais avec le courant, ca parait plus chaud. En revanche pas question de nager, on se laisse porter par le courant d’un point à un autre. Ce qui est sympa, c’est qu’à cet endroit la rivière fait une boucle. On a pu ensuite aller tranquillement récupérer nos affaires, qui étaient restées au milieu d’un mariage ! Petit tour au jardin botanique et le soir, petite soirée sympa avec ma copine Johanna.

            Après une sacrée grasse mat’, dimanche nous sommes allés (donc un peu tard) à Grindelwald. Montée en téléphérique, puis petite balade de deux heures environ avec une vue magnifique sur l’Eiger et la Jungfrau, deux fameuses montagnes dont les faces nord ont été ouvertes tardivement (été 1938 pour Eiger et première hivernale dans les années 1960). La face nord de l’Eiger est considérée comme la face la plus difficile des Alpes. Pendant cette chouette balade, Manu s’est redécouvert une passion pour les vaches comme en témoignent les photos !

 

            Reprise du boulot, avec en perspective une semaine assez tranquille, puisque jeudi c’est la sortie annuelle du service archéologique, nous devons aller dans le Jura, et que si le temps le permet, je devrais aller faire quelques tests en montagne avec Manu.

 

            Ciao !

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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 09:04

Après avoir révélé mes inquiétudes quant à l’état de santé de mon père, je suis maintenant rassurée. Il est sorti de l’hôpital, il va beaucoup mieux, mais il va falloir peut-être qu’il revoie son rythme de vie, c'est-à-dire qu’il travaille un peu moins ! Quant à ma grand-mère, elle semble se porter pas trop mal malgré sa jambe dans le plâtre. Je ne vais donc pas aller en Touraine dans les prochains jours mais plutôt courant septembre comme c’était prévu pour les Journées du Patrimoine. Manu vient me rejoindre pour une semaine ce week-end.

 

             Le stage se passe toujours bien, je fais actuellement des synthèses pour faire avancer le futur mémoire. Le rythme est moins soutenu maintenant que les tests en laboratoire sont plus ou moins terminés. Je dois encore rédiger une grille d’évaluation des méthodes testés pour la prochaine sortie en montagne, histoire de pouvoir comparer les outils qui fonctionnent ou pas. Après avoir refait quelques tests, il semble que les raisons du mauvais fonctionnement de ma technique de prélèvement au Lötschenpass soient multiples : l’eau était trop froide, le thermos contenant l’eau doit être porter différemment soit plus en hauteur pour qu’il y ait un effet de siphon accru, et je ne sais pas pourquoi mais les tests au laboratoire effectués sur de la neige fonctionnaient quasiment pas, contrairement à ceux sur la glace. C’est peut-être une histoire de densité ou quantité d’air présente dans la neige, je ne sais pas ?

            Demain, une petite sortie officielle est prévue avec l’intégralité du service archéologique, soit plus de 60 personnes. Ca ressemble à une cérémonie, genre les vœux du Canton, mais c’est pas ça car nous sommes au mois d’août ! J’ai décidé d’y aller car apparemment il va y avoir une chouette visite de château.

 

            Pour finir une anecdote sur la Suisse. Dans certains cantons, comme celui de Berne, les poubelles sont payantes. C'est-à-dire qu’il paie une taxe pour les déchets auprès du canton comme chez nous, mais qu’en plus, il paie environ un euro par sac de 35 litres, déposé sur le trottoir. Cette mesure doit permettre à la population de réduire ses déchets, en faisant correctement le tri sélectif. Moi je trouve ça hyper cher, surtout pour une famille qui a des fins de mois difficiles. Apparemment cela fonctionne pas mal, mais à coté de ça les dépôts d’ordures sauvages se sont multipliés ! Il y a donc des gens dont le boulot est de vérifier ce que contiennent les poubelles, et de mettre des amendes si le tri est mal fait, mais aussi d’enquêter et de remonter jusqu’au propriétaire qui aurait déposé son sac en pleine nature, afin évidement de lui infliger une amende.

 

            A très bientôt pour de nouvelles aventures !

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  • : Le blog de Charlotte REROLLE
  • : Après avoir raconté une année de stages à l'étranger, voici quelques nouvelles d'une restauratrice d'objets archéo pas très sédentaire!
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