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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 15:36

 

Avec l’automne, le rythme des missions reprend, et le blog est à nouveau alimenté !  Au programme de cet automne, le Tadjikistan. Première mission d’un programme quadriennal à Sarazm, site du quatrième millénaire avant Jésus Christ, classé en 2010 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il s’agit d’un site proto-urbain situé au carrefour de nombreuses civilisations comme en attestent les matériaux ou objets importés de toute l’Asie. Le Tadjikistan comme son nom l’indique se situe dans le bloc des pays en STAN, d’Asie Centrale, à l’est de l’Ouzbékistan, au nord de l’Afghanistan, au sud du Kirghizstan et à l’ouest de la Chine. Sarazm se situe dans la province de Pentjikent, complètement à l’ouest du pays, à 5km de la frontière ouzbek. Il parait que par beau temps, on peut apercevoir les dômes de Samarcande située à 40km. La frontière terrestre est malheureusement fermée entre ces deux pays.

Les français collaborent périodiquement depuis quasiment la découverte du site dans les années 1970 à cette fouille. Nous sommes une équipe de 6-7 français : deux archéologues, un topographe, un géophysicien et deux restauratrices. Une lithicienne (spécialiste des pierres) ainsi qu’un autre archéologue français et un géomorphologue doivent également passer. Tous les membres ont beaucoup voyagé et participé à des nombreuses missions. Le soir au moment du diner, chacun raconte une anecdote de mission en rapport avec la conversation. C’est assez amusant et multiculturel !

Pour cette première campagne, nous devons avec ma collègue Julie  restaurer les objets du site qui sont soit dans le petit musée de site, soit au musée de Pentjikent. La restauration des objets de Sarazm présents au musée national se fera éventuellement lors d’une prochaine mission. Nous avons commencé à travailler pour le moment  sur des céramiques, des perles en terre cuite et en pierre parfois semi-précieuse (turquoise, lapis-lazuli), des os d’animaux. Pour changer (référence à la première mission au Bangladesh), nous attendons notre caisse de matériel depuis presqu’une dizaine de jours. Elle a été localisée à Dushanbé, c'est-à-dire à la capitale, mais les formalités des dédouanements ne semblent avoir été effectuées encore.  Nous ne pouvons donc pas travailler sur les objets en bronze, ni finir un certain nombre de céramiques qui attendent un collage ou un comblement !

Après avoir dormi quelques heures à Dushanbé dans un appartement un peu crapoteux, nous avons pris la route pour Pentjikent : nous avons loué un 4x4 pour faire les six heures de route.  Il s’agit d’une route de montagne qui serpente dans deux vallées. Pour passer d’une vallée à une autre, nous avons dû emprunter un tunnel construit par les iraniens. Le tunnel fuit, il y a des grosses infiltrations d’eau, la route n’a jamais été terminée, il y a donc des nids de poule de 60cm de profondeur au moins sur des dizaines de mètres. Il est donc indispensable de circuler en véhicule tout terrain. A ma grande surprise ce tunnel sans aération ni lumière, dans un état lamentable a été construit en 2009, et non dans les années 1970, comme on aurait pu le croire vu l’état. Nous avons ensuite emprunté une piste dans une vallée très profonde qui au fur et à mesure s’élargie. Le site de Sarazm se situe à l’extrémité de cette vallée sur une terrasse alluviale entre deux chaines de montagnes. La route était magnifique quoiqu’un peu chaotique. Il est difficile d’imaginer que cette piste est l’unique route qui relie Pentjikent à Dushanbé.

Malgré un climat continental, il fait assez froid quand le soleil n’est pas là. Il fait ainsi une petite dizaine de degrés le matin et le soir et s’il y a du soleil, on atteint facilement les 32-35°C en pleine journée. Pour le moment, nous avons eu surtout de la pluie et des vents de poussière-limoneux. Le problème est que nous n’avons pas de pièce à vivre, que nous vivons en permanence dehors. Il est donc assez difficile de se réchauffer malgré le thé. Nous avons l’électricité à la mission, mais pas l’eau courante, j’ai donc essayé la douche à l’eau froide le premier jour, mais lorsqu’il fait 15°C dans « la salle de bain » ou dehors, c’est impossible de se dire que l’on va tenir un mois ainsi en sachant que les températures vont continuer à descendre. Nous avons donc investit dans un thermoplongeur (comme pour mon équipement en Suisse !) et nous nous lavons avec un saut d’eau chaude. La base archéologique est assez spartiate, aucun détail sur les toilettes ou l’odeur des couvertures et des oreillers, mais les gens sont gentils et la cuisinière cuisine bien.

Comme nous sommes vraiment loin de tout, nous n’avons pas internet, nous pouvons nous connecter uniquement à Pentjikent, c'est-à-dire à 20km de la mission. Alors le prochain article se sera surement pour la semaine prochaine et les photos pas avant le mois de novembre, date de mon retour à Dubai. A très bientôt !

 

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Published by Charlotte REROLLE
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  • : Après avoir raconté une année de stages à l'étranger, voici quelques nouvelles d'une restauratrice d'objets archéo pas très sédentaire!
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