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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 11:11

L’objectif de la mission de restauration à Mahasthan cette année, était le nettoyage des monnaies qui avaient été découvertes en 2010 afin de confirmer certaines hypothèses de fouilles, notamment chronologique. Ces monnaies étaient dans un assez mauvais état de conservation mais elles ont pu être identifiées après nettoyage. Elles corroborent bien les idées initiales sur une fondation de la cité à l’époque Maurya-Sunga. Ces chronologies ne nous sont pas familières, mais il s’agit de dynasties indiennes datant des environs du IIIème siècle avant JC. Comme j’avais constaté en 2009 que les monnaies découvertes dans les années 1990 présentaient des signes de corrosion active, j’ai aussi travaillé sur une grande partie de ces monnaies. J’ai continué de nettoyer des pointes de flèches en fer découvertes en 2009. J’ai aussi travaillé sur le mobilier métallique non ferreux de la campagne de 2006. Mais l’une des principales actions a été de réorganiser les réserves où sont conservées le mobilier sorti de fouilles en séparant les différentes fouilles, les différents matériaux. Nous avons ensuite fait l’inventaire du métal, soit des milliers de numéros se ressemblant, reconditionné les objets dans des sachets de qualité et rangé tout cela dans des boites hermétiques avec du silica gel pour limiter le développement de la corrosion des objets. Les boites sont ensuite scellées avec du scotch renforcé pour limiter les échanger d’air au niveau du système d’ouverture. Nous avons testé l’année dernière ce type de rangement pour le mobilier de 2009, nous avions 85% d’humidité relative pour des normes autour de 50%. Résultat, un an plus tard, le silica gel avait absorbé l’humidité et nous avions un taux de 25% d’humidité relative, ce qui est inespéré dans un pays comme le Bangladesh. Suite à ces résultats positifs, nous avons donc étendu le système aux fouilles de 1993 à 2010.

J’ai également travaillé avec la « crapule », Ashraful de son prénom, sur une céramique. Le résultat n’a pas été très concluant. Je crois que nous avions des problèmes de communication, qu’il ne comprenait pas tant l’anglais que ca, et que même si Massoud faisait la traduction en bengali ce n’était pas clair. De plus la céramique choisie était beaucoup trop compliqué… il va donc falloir reprendre cela lors de la prochaine mission en février ou revoir les objectifs de la mission.

Nous avons eu quelques « problèmes » avec le personnel de la mission qui travaille avec les français depuis plus de 15 ans qui sont bien payés pour le Bangladesh, mais qui connaissent aussi toutes les ficelles. Nous avons du demander à la femme de ménage de ne plus aller dormir dans un coin afin de nous faire croire qu’elle travaille 8h par jour, mais nous lui avons expliqué que si elle finissait en 2h en faisant vraiment le ménage, elle pouvait rentrer chez elle. Nous avons aussi demandé au gardien de ne plus fouiller dans nos vêtements et d’éviter de multiplier le prix des transports par 10 car ça finissait par être un peu exagéré… En revanche cette année, la cuisine était meilleure et plus variée que l’année dernière : en plus du riz, des pommes de terre et des lentilles, nous avons eu le droit à de la salade de tomates, de la tarte à l’oignon et des aubergines frites ! Bref des petits désagréments classiques où l’on accepte d’être dupe si derrière ils ne viennent pas se plaindre et dénoncer les autres.

La mission terminée, nous sommes rentrées à Dhaka en mettant quasiment 6h, soit 2h de plus à cause des embouteillages pour entrer dans la ville. La circulation est un enfer, nous n’avons même pas pu aller visiter Old Dhaka car il n’y avait ni taxi ni CNG de libre ou qui était prêt à changer de quartier. Depuis hier, il pleut et dans un pays comme celui, d’une telle saleté, c’est juste horrible. Devant la guest house, la rue n’était qu’une flaque d’eau géante de plus de 20cm de profondeur. Trouvé un taxi pour aller au Directorat de l’archéologie a été compliqué, mais nous avons finalement trouvé un « tas de ferrailles » qui prenait l’eau par le bas des portières ! Une fois arrivée à bon port, le gars nous a dit que nous avions eu de la chance de ne pas tomber en panne et de ne pas avoir du pousser la voiture ! Après juste une nuit de pluie, vu l’état des quartiers riches, je me demande comment ca doit être pendant la mousson… surement assez proche de ce que l’on voit dans le film « la Cité de la Joie ».

C’est ainsi que se termine cette mission de restauration Mahasthan 2010, nous prenons l’avion demain matin. Comme l’année dernière, je fais un stop à Dubai, mais cette fois pour d’autres raisons ! Je rentre la semaine prochaine à Paris, mais je reviens au Bangladesh avec toute la mission à la fin janvier. Promis les photos suivront d'ici quelques jours!

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Published by Charlotte REROLLE
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marion 05/01/2011 22:34



Bonjour Charlotte,


eh ben, tout d'un coup j'ai eu envie d'avoir de tes nouvelles, de savoir ce que tu devenais... j'ai tapé "Charlotte Reyrolle" sur google, eh bien je suis pas décue du voyage. Je savais déjà que
tu étais aventurière et je vois que tu persévères. Que d'aventures ! C'est chouette de nous retransmettre tes expériences. Peut-être auras-t-on le temps de se revoir entre deux expéditions !
Bisous



Florence Raulin 10/12/2010 15:03



salut Charlotte,


profite bien de ton stop à Dubaï et bonnes fêtes de fin d'année ! Je t'embrasse


Florence



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  • : Après avoir raconté une année de stages à l'étranger, voici quelques nouvelles d'une restauratrice d'objets archéo pas très sédentaire!
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