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24 septembre 2007 1 24 /09 /septembre /2007 13:32

Levée à 5h30, samedi matin pour prendre un train vers 7h direction Spiez, puis un autre pour Zweisimmen, encore un pour La Lenk et pour terminer un bus nous a emmené jusqu’à Iffigenalp à 9h45, où nous avions rendez-vous avec l’archéologue et ses enfants, quelques membres du service archéologique, un journaliste du magazine Géo Allemagne ainsi qu’une quinzaine de membres de Club Alpin de Bienne auquel l’archéologue, Albert, appartient. Bref nous étions un groupe d’une vingtaine de personnes. Nous avons d’ailleurs failli rater le rendez-vous, car Martin a confondu l’heure d’arrivée du train à Spiez et son départ, nous nous apprêtions à prendre un café quand je me suis apercue de ca. Nous avons couru pour attraper le train qui, par chance, est parti avec deux minutes de retard (ce qui n’arrive jamais en Suisse normalement). Nous avons pris la direction d’Iffigsee, magnifique petit lac de montagne à deux heures de marche. Petite pause pour une explication archéologique sur l’emplacement d’une ancienne auberge romaine, qui se situait sur cette voie ancestrale qui reliait la vallée du Rhône (du Valais) et le plateau Suisse. On repart, pour une heure, direction le refuge, Wildhornhütte, où nous devons dormir le soir, histoire de déjeuner et de laisser quelques affaires afin de monter plus léger au Schnidejoch. Une heure trente de marche sur un dénivelé assez important, sur une crête enneigée, puis nous avons contourné le glacier du Wildhorn, afin d’accéder au Schnidejoch. Cette balade jusqu’au Schnidejoch n’est balisée que depuis 2005, avant elle n’était plus accessible en raison de l’avancement du glacier. Albert a présenté le contexte des découvertes archéologiques.

 

2003, fortes chaleurs, les glaces reculent et des promeneurs trouvent quelque chose qui ressemble à un récipient en écorces. Ils l’amènent au musée historique de Berne qui le montre à Christoph, le chef du laboratoire de restauration, mon responsable de stage. Après quelques rapides recherches, il démontre qu’il y a une ressemblance avec un objet découvert avec Otzi. Le service archéo décide de faire une datation au carbone 14. Il s’avère qu’il s’agit bien d’un récipient du néolithique. Le temps que tout le monde s’active, mais la neige d’hiver était déjà tombée. L’année suivante en 2004, une petite équipe de quatre personnes est constituée dans le plus grand des secret, même au sein du service, afin d’effectuer des recherches dans la zone indiquée. Une épingle en bronze, un carquois en écorce et morceau de jambe de pantalon en peau seront découverts, ce qui obligent à faire une campagne un peu systématique de prospection dans la zone. En 2005 et 2006, les campagnes se poursuivent à l’aide de détecteurs de métaux, et de chiens italiens dressés pour découvrir des cadavres et entraînés spécialement pour cette expérience avec des ossement archéologiques en Italie. Les chiens n’ont rien trouvé, mais le détecteur a permis de découvrir plus de 200 clous de chaussures des légions romaines.  Ces clous forment des séries selon leurs formes, et on pourrait théoriquement les attribuer à telle ou telle légion romaine. Fin 2005, le service archéologique décide de divulguer la découverte à la presse. De nombreux journaux et télés, suisses et étrangers, se déplacent et relaient l’information. Peu de temps après un Allemand se fait connaître. Il était passé au Schnidejoch au même moment en 2003 et il avait ramené un arc et une flèche découverts sur place. Après négociation, l’arc et la flèche passent du salon de cet Allemand au service archéologique de Berne. Quatre phases ont été mises en évidence par le matériel découvert : la période Néolithique, l’Age du Bronze, la période romaine et le Moyen Age. Ces phases correspondent aux moments où le glacier s’était en parti retiré, à cause d’épisodes climatiques plus chauds, libérant un passage. Ces objets ont pu être retrouvés car ils se situaient dans une cuvette, endroit où le glacier ne pouvait avancer.

La surface s’est avérée beaucoup plus petite qu’elle ne paraissait sur les photos. Il ne reste pas grand-chose à fouiller. Cette année, ça n’a pas été possible du fait de l’enneigement. Le site se situe sur une face nord, assez peu ensoleillée. Pour pouvoir faire des recherches, il est nécessaire qu’il n’y ait plus de neige et que la glace soit en train de fondre afin de laisser apparaître les objets. Il faut savoir que cette glace est opaque, et qu’il n’ai pas possible de les localiser (sauf en métal avec un détecteur) en profondeur tant qu’ils n’apparaissent pas à la surface. Du fait de ces contraintes, la période de recherche est assez courte, de mi-août/fin août à fin septembre voir début octobre. Tout dépend de la météo, de l’été mais aussi du nombre de mètres de neige tombée l’hiver précédent.

 

Nous sommes ensuite redescendu au refuge, une heure environ, non sans quelques glissades sur les pentes enneigées. Le refuge, pour moi, était une expérience nouvelle. Repas hyper tôt à 18h30, bon et copieux. Le refuge était complet, soit les 98 lits des dortoirs étaient occupés. Quand on se couche, les lumières sont déjà éteintes, en général, puisque les premiers vont au lit vers 20h. Donc à chaque fois qu’une des vingt personnes du dortoir se couche, on a le droit à la lampe frontale dans le visage, quelques chuchotements voir conversation, et tout un cinéma pour savoir si la fenêtre doit rester ouverte ou non (il fait en dessous de 0° la nuit à 2200m). Ensuite les gens ronflent, et tu peux pas bouger car 10 matelas de 60cm de large (en tout cas moins que la normale) sont cotes à cotes, et si tu bouges, tu déranges ton voisin. Evidement au milieu de la nuit, il y a ceux qui vont aux toilettes, et surtout à 20 dans une chambrée, on crève de chaud. Pour terminer la nuit, les premiers se lèvent à 4h30 du matin. Donc je n’ai pas beaucoup dormi, du coup j’étais levée tôt (enfin pas trop pour un refuge) vers 7h30. Le reste du groupe est parti faire une traversée de glacier, nous n'y sommes pas allés car nous n'avions pas bien compris qu'on pouvait y participer, et donc nous n'étions pas équipés. Dans la matinée, on est redescendu en 2h à Iffigenalp, et comme on a loupé le bus et qu’il fallait attendre 2h, on a décidé de descendre à pied à La Lenk. A la moitié, au bout d’une heure, on a fait du stop pour aller à la gare, car c’était plus que de la route, la descente était terminée. Résultat : samedi presque 6h de marche, 1100m de dénivelé en monté, 500m en descente, dimanche 3h de marche et 1200/1400m de dénivelé en descente. Faut pas croire que la monté soit le moment le plus difficile, musculairement parlant c’est la descente !

 

Je suis donc ravie de ce week-end un peu crevant, mais super intéressant, qui m’a permis de visualiser les choses et de mieux comprendre les problématiques  si particulières de ce site. Mais pour l’homme du Schnidejoch, qui aurait pour nom Schnidi, ce ne sera pas pour cette année, et je ne suis pas sur qu’on le trouve un jour ! On verra ce que les surprises de l’archéologie nous réservent pour l’avenir, ciao !

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Published by Charlotte REROLLE - dans Suisse
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commentaires

Ben 02/10/2007 16:48

Rien qu'à te lire c'est épuisant !

Nicolas 01/10/2007 20:10

Bheu. Moi je te lis dans l'espoir que tu trouves une momie ! c'est quoi ces histoires de pas en trouver. Démerde toi, déterre une momie sinon je boude.

Aurélie 27/09/2007 13:46

Coucou,tu me fais envie avec tes compte-rendus de rando ! D'autant plus que j'ai actuellement une inflammation d'un ligament du genou, et que le moindre pas me coûte...Profites-en pour moi !Bisous,Aurélie

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